Méthode de médiation

Méthode de médiation

Au cœur de la conciliation

Alain Pekar Lempereur

Jacques Salzer

Aurélien Colson

Cette réalité ambivalente du conflit –puissant moteur de changement, mais aussi sombre gouffre.

Contraindre est de moins en moins efficace, convaincre de plus en plus nécessaire. 

L’autre fait partie du conflit autant qu’il fera partie de la solution.

Rôle de l’intermédiaire :

L’autre sera évoqué à a fois :

Dans le passé/ le présent (reconnaissance mutuelle des identités et des besoins) / dans le futur

Au IIème siècle après J.C.  le mot fut traduit en latin par mediator. L’intermédiaire.

La médiation, au sens étymologique, se constitue par un espace, un temps, un objet, un langage ou une personne intermédiaire.

La conciliation désigne autant un processus que son résultat. Alors que la médiation ne désigne que le déroulement du processus.

Définition proposée :

Une intervention extérieure impartiale, offerte à des parties en conflit et/ou sollicitée par celles-ci, pour organiser des échanges en vue de construire des solutions mutuellement acceptables.

Les partie : ce terme a le mérite de souligner que les acteurs en conflit font partie d’un ensemble, chacun possédant en général une partie de la vérité et une partie de la solution, pour

L’établissement / rétablissement de relations ultérieures durables.

Seules des personnes extérieures et indépendantes des parties sont considérées comme médiateurs .

Domaines d’exercice du métier :

Relations internationales

Les relations entre entreprises

Les relations internes à l’entreprise, il peut s’agir de médiation préventive et préjudiciaire, ou de médiation judiciaire.

Dans la sphère judiciaire

Entre voisins

A l’école

Dans la famille

Les médiateurs institutionnels : depuis 1973 en France, intervient dans les relations entre l’administration et le citoyen, sou l’appellation de médiateur de la République.

L’intention est d’établir un lien humain et identifié entre un individu et une organisation.

Grands types de médiation (Lempereur 1999)

L’aviseur/l’accoucheur/ l’hybridation des deux.

Les 7 piliers de a médiation :

  1. Solliciter les Parties en permanence pour qu’elles s’approprient le dispositif de résolution, en mobilisant une communication active entre elles et en obtenant une reconnaissance réciproque progressive.
  2. Sécuriser des Principes de fonctionnement éprouvés, c’est-à-dire les « règles du jeu » qui permettront de maintenir le cap de la résolution de problème.
  3. Structurer un Processus concret, inspiré des meilleures pratiques.
  4. Séquencer des phases dans ce processus, avec diverses étapes, depuis la mise en place de la médiation jusqu’à, si possible, un accord.
  5. Saisir le Problème et ses différentes données, par une analyse approfondie de ses dimensions.
  6. Surmonter les pièges qui peuvent jalonner le processus et empêcher une résolution.
  7. Sceller les Points d’accord (ou de désaccord), avec l’espoir de faire émerger peu à peu une solution pacifique et réaliste, exécutable et exécutée par les deux parties.

7 sagesses de recours à un tiers en situation de conflit

Accompagnateur

Avocat

Aide-conseil

Accoucheur : la solution est l’enfant des parties (conçu par elles) médiateur

Aviseur : la solution est l’enfant du médiateur (conçu par lui) médiateur

Arbitre

Autorité

L’objectif de la rencontre des parties :

Leur permettre d’extériorisé non contre l’autre, mais devant l’autre. La personne peut désormais se tourner vers sa raison. Une décharge émotionnelle. Des arguments rationnels seuls gardent les affects sous le manteau, et bloquent la solution.

Le médiateur doit savoir reconnaître, accepter et accueillir lui-même l’émotion, la considérer, la nommer, la canaliser sans la rejeter. L’émotion émise et l’émotion perçue.

Le médiateur expliquera une distinction essentielle entre la compréhension et l’accord : une partie peut à la fois comprendre comment l’autre a fonctionné –ce qui soulage l’autre, puisqu’il se sent reconnu dans ce qu’il est – et ne pas être d’accord avec lui. Une partie qui comprend peut en même temps continuer à nourrir une vision différente de la réalité.

L’ignorance et l’incompréhension réciproques s’accroissent lorsque des individus, groupes ou organisations en conflit appartiennent à des cultures radicalement différentes : cultures nationales, mais aussi cultures professionnelles.

La confidentialité ne saurait couvrir des atteintes à l’ordre public. « Je m’engage à la confidentialité et vous invite à le faire. Mais si une atteinte à l’ordre public se produisant, je serais obligé de le signaler au procureur. »

Les exceptions nécessaires au principe de confidentialité :

L’accord de tous sur la non-confidentialité : si les parties présentes sont des représentants d’organisations plus vastes, chacun doit pouvoir parler à son organisation de ce qui s’est dit.

La confidentialité  pour le médiateur et la liberté de parole à l’extérieur pour les parties.

Ouvert à des aménagements avec l’accord de tous

L’accord sur l’information commune qui sera donnée à l’extérieur.

Evidemment : en cas de non-respect de la loi.

La médiation a toujours lieu sous le couvert de la loi. C’est le principe de respect du droit.

Le temps consacré par le juge à traiter en présence des parties est très court.

Une méthode de médiation est essentiellement structurée par des principes.

En amont, les parties et le médiateur gagnent à s’accorder de façon explicite sur la plupart de ces principes et sur une volonté partagée de les mettre en pratique. Une forme de compromis de méditation, un engagement réciproque sur les règles du jeu présidant aux échanges ultérieurs.

En aval, veille conjointe, du médiateur et des parties.

Ne pas isoler le différend de son contexte.

Depuis la sophistique des Grecs, la vraisemblance emporte plus de succès dans les prétoires que la vérité.

La médiation dépasse la seule apparence juridique du conflit (partie émergée de l’iceberg) pour se préoccuper de sa réalité profonde (sa partie immergée).

Je prépare ma communication :

  • Ce que je voudrais dire absolument
  • Ce que je pourrais dire aussi
  • Ce que je préfère ne pas dire, ou alors seulement au médiateur lors d’un entretien séparé
  • Les questions à poser au médiateur
  • Les questions à poser à l’autre partie

Afin de surmonter le problème, qu’est-ce que l’autre pourrait proposer ?

Et moi, que pourrais-je proposer pour construire une solution future ?

En tant que partie en conflit, notre réflexe est d’accuser l’autre et de s’exciser soi.

Chaque partie gagne à planifier en amont, ce qu’elle souhaite dire.

Je prépare ma communication

  • Ce que je voudrais dire absolument
  • Ce que je pourrai dire aussi
  • Ce que je préfère ne pas dire, ou alors seulement au médiateur lors d’un entretien séparé
  • Les questions à poser a médiateur
  • Les questions à poser à l’autre partie

Afin de surmonter le problème, qu’est-ce que l’autre pourrait proposer ?

Et moi, que pourrais-je proposer pour construire une solution future ?

En tant que partie en conflit, notre réflexe est d’accuser l’autre et de s’excuser soi.

Avant le début de la médiation : consulter tous les avocats, en général séparément pour recevoir leur point de vue juridique. Proposer aux avocats de s’accorder avec les parties sur leur présence ou leur absence.

L’avocat est un expert juridique sur le contenu.

P.O.R.T.E.

P comme Présentations

O comme Objectifs

R comme Règles

T comme Temps

E comme Etapes

P 132 Tout médiateur gagne à prendre conscience de la façon dont il opère et à mettre en mots sa pratique : c’est aussi important pour lui que pour les parties, qui doivent savoir à quoi s’attendre.

Que souhaitez-vous qu’il se passe à la fin de nos rencontres ?

Quelles sont les choses que vous attendez de cette médiation ?

Dans l’idéal, pour vous, qu’aimeriez-vous en repartant d’ici ?

Règles

De non-interruption

De respect mutuel

De confidentialité

Etapes

I/ du passé vers le présent (relation/problème)

  • identification des points à traiter
  • approfondissement des points
  • reconnaissance des différentes perceptions ensemble,  pour que chacun se sente compris. Cette compréhension réciproque du fond et de la forme du désaccord.

L’hexamètre de Quintilien,

6 questions ouvertes utiles au médiateur

Qui ?                     Qui est concerné par cette situation ?

Quoi ?                  De quoi s’agit-il ? quel est le problème ?

Où ?                      Où cela se passe-t-il ? le problèmes est-il lié au lieu ?

Pourquoi ?         Quelle était l’intention de chacun, l’objectif poursuivi ?

Comment ?        Comment en est-on arrivé à la situation actuelle ?

Quand ?              Quand le problème est-il apparu ? Quels ont été les moments difficiles 

II/ du présent vers le futur

  • Imaginer
  • Evaluer
  • choisir

Que souhaitez-vous qu’il se passe à la fin de nos rencontres ?

Quelles sont les choses que vous attendez de cette médiation ?

Dans l’idéal, pour vous, qu’aimeriez-vous en repartant d’ici ?

P 167

L’écoute et la mémoire sont sélectives. Chacun choisit en conscience ou non et ne retient qu’une partie des propos. Le médiateur et les parties n’échappent pas  ce biais psychologique commun. Pour s’en prémunir –au moins pour une part – et toujours dans une logique d’approfondissement, nous invitons le médiateur à utiliser plusieurs grilles d’analyse, qui l’aideront à retracer ce passé qui reste présent.

Noter :

Le changement de registre/ la chronologie des événements du conflit/le fond et la forme/la motivation de la motivation, ou le pourquoi du pourquoi /sentiments-Valeurs-Besoins

Les sentiments liés aux émotions, passés ou présents. ‘

Les valeurs liées aux principes juridiques et moraux, aux opinions et croyances et qui de son point de vue, n’ont pas été respectés.

Les besoins ou motivations liés à des manques provoqués ou aiguisés par le conflit (reconnaissance, soutien moral, autonomie, compensation matérielle…)

P 211 chapitre 8 sur les pièges en médiation, sous-titre : Questionner ses pratiques avant d’agir aux moments critiques.

Connaître ces obstacles et difficultés constitue une façon, pour une part non négligeable de s’en prémunir…. Ce catalogue d’obstacles… il invite les médiateurs à reconsidérer leurs comportements. Il vise à favoriser une réflexion sur leurs pratiques et ces moments de gêne qu’ils éprouvent chez eux comme chez les parties…. P 212 réflexes contre-productifs. Il doit se méfier lui-même de certaines intuitions.

Ex : obsession de la vérité/comportement hâtif du médiateur/ assimilation des positions aux solutions/ déception et découragement…

P 245 – 146

Conclusion

L’esprit derrière la méthode.

Le médiateur ou la force d’une interrogation de soi

Socrate nous fixait comme premier impératif : « Connais-toi toi-même. » dans la quête du sens de son action, un grave risque pour un médiateur est d’ignorer cette recommandation, de pratiquer son art sans se poser de questions, sans écouter sa voix intérieure, sans conscience. Se poser des questions sur soi, c’est privilégier une approche réflexive de ses pratiques : « Je doute, donc je suis médiateur. »Ce doute hyperbolique éloigne d’une confiance aveugle dans ses instincts et routines, invite à rechercher sans cesse des réponses plus pertinentes, en quête d’un soi en mouvement qui se construit par un questionnement continuel. Car on ne naît pas médiateur, on le devient. Bien entendu, certains d’entre nous ont des prédispositions à moyenner la paix entre des parties en conflit, mais même les meilleurs se fourvoient ; d’où la nécessité de ce retour sur soi, par soi, qui s’exprime par l’introspection,  par exemple dans un journal de bord personnel tenu par le médiateur….

Car nul ne peut être médiateur sans être avec les autres, source fondamentale de questionnements pour soi.

Ces autres que lui, ce sont ensuite ses pairs….

Médiateurs et experts se réunissent et –après forces débats ou tout le monde questionne tout le monde, critique, soupèse, raffine, médie en quelque sorte –parviennent à des réponses de consensus que la pratique future ne manquera pas de mettre à l’épreuve. La médiation encadrée par ces instances amène la constitution d’un corpus de réponses guidant le questionnement futur du médiateur et l’empêchant de prendre des chemins de traverse ou de se trouver face à un mur. Ces instances préparent la lettre de mission du médiateur, lui procurent des référents avec lesquels il peut échanger si nécessaire, et lui demandent de faire rapport. Elles assurent au médiateur de ne pas se retrouver seul avec des règles ou une méthode, mais de pouvoir discuter à tout moment de leur application avec d’autres spécialistes, aussi soucieux que lui d’être bons médiateur… en contribuant à constituer, socialiser, institutionnaliser et professionnaliser une communauté de médiation.

P 247

Les parties… nourrissent des doutes et donc amènent le médiateur lui-même au doute. Le regard des parties s’interroge, interroge le médiateur…. le médiateur est donc d’abord une force par une interrogation de soi. Ce moi en questionnement permanent est un moi performant, car sa performance même est maintenue en tension avec ce questionnement de soi. (l’auto-analyse)

P 251

Pour approcher  une éthique de la médiation,  sans doute faut-il, loin des abstractions, se nourrir de l’action pratique des médiateurs.

P 255

Il inspire le besoin de se conduire de manière exemplaire…. le médiateur, surtout s’il a bien exposé le processus… assure une communication performante.

Le médiateur dans l’arène

Le médiateur dans l’arène

Réflexion sur l’art de la médiation

Thomas Fiutak

La présentation approfondie d’un modèle méthodologique de médiation

Nombreux sont les médiateurs et les négociateurs que j’ai formés, qui ont remodelé et repensé certains des concepts de base liés au modèle du cycle de la médiation et à son application. Cela démontre la nature organique de ce modèle, processus vivant en évolution constante. L’un des buts de ce livre est de fournir un tronc commun clairement identifié et disponible : les ramifications et les innovations peuvent ainsi gagner en puissance grâce à l’identification d’une source mère.

3.  L’établissement d’une base commune de connaissances pour tous. La nécessité d’un lexique définissant les idées et les concepts se fait sentir d’autant plus ue le terme de médiation est utilisé dans différentes acceptations.

5. l’éclairage sur les questions et les tensions du rôle de médiateur.

6. la compréhension de l’interaction entre la culture et la médiation.

L’importance que pouvaient avoir les petites zones d’intérêt commun pour arriver  à conclure des accords dans ces conflits très complexes.

Le modèle parfait n’existe pas dans la réalité.

P45-46 Point de transition H : contribuer à l’évolution du médiateur

Trop souvent,  le médiateur ne tient pas compte de ce point de transition. Entre deux médiations, il est important qu’il ait à sa disposition une méthode pour revenir à sa propre culture. Un soutien actif de la part des autres médiateurs lui permettra de continuer à jouer son rôle. Des discussions avec des collègues médiateurs ou des personnes impliquées dans la médiation l’aideront à réfléchir sur sa pratique et à l’analyser de façon a s’améliorer et à tirer profit de l’expérience des autres. Si ce livre traite essentiellement du changement pendant la médiation, la négociation et le conflit, ce changement concerne aussi le médiateur. Après la médiation, un débriefing avec d’autres médiateurs permet de retrouver les principes généraux de toute médiation au-delà des particularités de chacune. Une autre façon de procéder est d’utiliser une méthode de communication sur le processus de médiation pour analyser son travail tout en gardant la confidentialité.

Le modèle du cycle de la médiation permet de confronter la réalité de la médiation vécue à ses concepts. Après chaque médiation, le médiateur peut trouver un grand bénéfice à dessiner le modèle et à parcourir de mémoire ses attitudes et ses comportements dans les différentes phases et points de transition. L’intérêt n’est pas de vérifier si le modèle a été utilisé correctement mais de s’en servir pour réfléchir à son action de médiateur. Ce processus agit comme un déclic mental permettant de repérer les moments-clés de la médiation, d’éclairer la théorie par la pratique et vice versa. Il permet de dérouler le film de la médiation, de réfléchir à de nouvelles manières de faire, de repérer  les attitudes positives et les moments critiques où le modèle a servi de guide. La plus grande leçon de cette discipline est de qu’il n’existe pas de médiation ni de médiateur parfait.

P46

Je n’ai jamais mené de médiation qui suive parfaitement le modèle théorique. Chaque médiation est une variation de la théorie.

P 49 un autre signe d’un modèle dynamique est sa capacité à changer selon les besoins de la culture où est appliquée la théorie.

Adapté les concepts sans se laisser emprisonner par la structure.

 P55 l’authenticité est la condition humaine où il y a convergence et cohérence des valeurs, intentions et comportements.

P57 la culture est un comportement appris.

P 59

Le médiateur doit connaître les protocoles sociaux définis par la culture, ce qui ne veut pas dire qu’il connaît la culture. Son rôle est de comprendre les comportements qui ont l’aider à conduire le processus jusqu’à la conclusion d’un accord durable.

P 76 l’idéal n’est qu’un guide et non le chemin.

P80 la cohérence est la clé pour le médiateur. Son rôle étant d’être présent et de générer le processus, prendre des notes compromet la division du travail qui est le gage de la réussite de la médiation. Le médiateur est le garant du processus, les parties construisent la réalité du moment.

L’art du médiateur est d’appréhender ce dont ont besoin les parties pour réduire la perception de la prise de risque quant à leur statut social et à leur estime de soi.

Le médiateur une menace pour qui ?

P98 une des causes de ce rejet est également que la médiation est une culture étrangère ou qu’elle entre en compétition avec celle de l’organisation. Elle va à l’encontre de la culture de l’affrontement des avocats.

Perte de pouvoir personnel, la médiation n’a pas un pouvoir de destruction, mais elle menace le pouvoir de contrôle.

L’acte de médiation, de par sa nature même, enseigne aux parties qu’elles peuvent prendre des décisions sur leurs relations en se basant sur un nouveau niveau de communication.

« La nostalgie est la plus dangereuse des illusions dans le royaume de la négociation. » Moore dans son processus de médiation.

P 113 ce n’est pas la pratique de la médiation qui est nouvelle, mais sa théorie.

Dans la médiation, c’est justement en comprenant leur comportement bloquant mutuel que les personnes se rendent compte que pour continuer leur relation, elles doivent penser à se réconcilier.

L’objet du litige n’est souvent que le prétexte à alimenter le conflit.

Le médiateur va lever des zones d’ombre, clarifier les malentendus, faire exprimer les non-dits, mettre en évidence les intérêts de chacun, ses principes et ses valeurs.

Le mot conflit vient du latin confligere, qui signifie se battre, se heurter.

Le rôle du médiateur est de résoudre le litige mais pas nécessairement le conflit.

La différence entre les besoins et les désirs des parties.

Les personnes arrivent en médiation avec leur culture du conflit, basée sur le pouvoir, les intérêts ou les droits.

La médiation est la méthode la plus efficace pour traiter les intérêts des parties en conflit.

Le pouvoir dans la culture.

P 131 l’avocat de l’une des parties a ouvert son code et m’a demandé de lire le texte de loi qui selon lui définissait le cas de son client… j’ai répondu à l’avocat en présence de son client : « cette tentative ressemble à celle d’un chirurgien qui irait demander conseil à un boucher pour opérer un patient. Si j’étais le patient, je me poserais des questions sur la compétence des deux. »

Charismatique vient du mot grec « kharisma », qui caractérise quelqu’un qui a un « don » ou une « faveur divine ».

Le médiateur doit avoir en tête les six catégories de pouvoir social :

Légitime, ressource, de référence, d’expertise, d’information ou charismatique, et il les valide !!

J’ai toujours trouvé étrange que l’on impose la confiance à certaines personnes lorsqu’elles sont invitées à participer à une médiation. C’est précisément la raison inverse qui les conduit en médiation. Elles n’ont plus confiance en l’autre.

La fiabilité est neutre. Il est plus facile d’évaluer le comportement des gens que leurs intentions.

P 148 disposer d’une boîte à outils signifie aussi que le médiateur peut avoir tendance à voir les problèmes découverts dans la médiation en fonction des outils qu’il aime utiliser. Si son seul outil est un marteau, il verra des clous partout.

P 148 plus un médiateur comprend ses prédispositions à la tactique et à la stratégie, plus il devient un bon médiateur. Plus il comprend comment son passé peut être un obstacle à s qualité de présence avec les parties, plus il devient un bon médiateur.

P 150 entrer dans la médiation signifie être en contact avec cet espace intérieur où se trouve ma sécurité.

Etre présent.

Par sa présence dans le dialogue, le médiateur doit permettre aux personnes de prendre des risques qu’elles n’avaient pas pu prendre auparavant.

Le médiateur est responsable du processus. Cela veut dire qu’il doit aider les parties à exprimer leurs émotions authentiques et à décrire leur véritable situation.

Le paradoxe du pouvoir dans la médiation : le médiateur gagne du pouvoir dans la mesure où il décide de ne pas influencer l’accord entre les parties.

Il permet le doute positif, c’est-à-dire la remise en cause des certitudes.

P170 dans la médiation, on parle rarement de l’attraction et des rejets interpersonnels, conditions normales de l’être humain dans tout groupe social. L’idée du rejet ou de la résistance entre le médiateur et une partie, tout comme la séduction qui peut exister entre eux, est une réalité dont nous devons nous préoccuper. Certaines qualités peuvent être difficiles à accepter à cause de l’histoire personnelle de chacun. Elles représentent des projections d’insécurité ou des confrontations à certains points faibles de notre structure psychologique. Notre réaction est de résister à cette pénétration et de nous mettre sur la défensive. Ces qualités peuvent aussi séduire. Elles nous attirent et nous les acceptons davantage. La résistance et l’attraction menacent toutes deux la qualité de la médiation. Le médiateur ne peut pas contrôler ces interactions. Cela est impossible. En revanche, il doit être conscient que la résistance et l’attraction ont le pouvoir l’altérer sa capacité à agir avec impartialité. Le médiateur doit s’entraîner à reconnaître ces phénomènes tout comme les cartes de sortie.

En médiation, la seule réalité est celle qui est basée sur le souvenir des parties.

P 195 le processus de médiation plus comme un art que comme une science.

P200 Pose les questions parce que tu peux être naïf. Laisse-les te remplir avec leurs histoires. Ne fais pas de projections, contente-toi d’absorber. »

P204 Comme pour les autres médiations, des moments de celle-ci vont entrer dans ta vie et l’éclairer de manière inattendue. Ta vie a changé, même si tu n’as pas changé la leur. Tu as découvert un nouveau pan de la réalité parce que tu as pu t’émerveiller dans l’arène des autres. Patience. La question n’est pas : qu’as-tu appris mais qu’as-tu reçu ? »

P 206 pour être authentique, le médiateur doit être plus conscient de ses limites que de ses talents.

La moralité est pour moi un ensemble de principes, une boussole indiquant à chacun la direction qu’il choisit de suivre…. la vie morale est définie à l’intérieur de soi, elle est basée sur des convictions personnelles, l’arbitre étant la conscience de l’individu.

L’éthique est la construction des rôles et des comportements créés à l’extérieur de soi, basés sur la culture, la société et l’organisation à laquelle nous appartenons.