Le médiateur dans l’arène

Le médiateur dans l’arène

Réflexion sur l’art de la médiation

Thomas Fiutak

La présentation approfondie d’un modèle méthodologique de médiation

Nombreux sont les médiateurs et les négociateurs que j’ai formés, qui ont remodelé et repensé certains des concepts de base liés au modèle du cycle de la médiation et à son application. Cela démontre la nature organique de ce modèle, processus vivant en évolution constante. L’un des buts de ce livre est de fournir un tronc commun clairement identifié et disponible : les ramifications et les innovations peuvent ainsi gagner en puissance grâce à l’identification d’une source mère.

3.  L’établissement d’une base commune de connaissances pour tous. La nécessité d’un lexique définissant les idées et les concepts se fait sentir d’autant plus ue le terme de médiation est utilisé dans différentes acceptations.

5. l’éclairage sur les questions et les tensions du rôle de médiateur.

6. la compréhension de l’interaction entre la culture et la médiation.

L’importance que pouvaient avoir les petites zones d’intérêt commun pour arriver  à conclure des accords dans ces conflits très complexes.

Le modèle parfait n’existe pas dans la réalité.

P45-46 Point de transition H : contribuer à l’évolution du médiateur

Trop souvent,  le médiateur ne tient pas compte de ce point de transition. Entre deux médiations, il est important qu’il ait à sa disposition une méthode pour revenir à sa propre culture. Un soutien actif de la part des autres médiateurs lui permettra de continuer à jouer son rôle. Des discussions avec des collègues médiateurs ou des personnes impliquées dans la médiation l’aideront à réfléchir sur sa pratique et à l’analyser de façon a s’améliorer et à tirer profit de l’expérience des autres. Si ce livre traite essentiellement du changement pendant la médiation, la négociation et le conflit, ce changement concerne aussi le médiateur. Après la médiation, un débriefing avec d’autres médiateurs permet de retrouver les principes généraux de toute médiation au-delà des particularités de chacune. Une autre façon de procéder est d’utiliser une méthode de communication sur le processus de médiation pour analyser son travail tout en gardant la confidentialité.

Le modèle du cycle de la médiation permet de confronter la réalité de la médiation vécue à ses concepts. Après chaque médiation, le médiateur peut trouver un grand bénéfice à dessiner le modèle et à parcourir de mémoire ses attitudes et ses comportements dans les différentes phases et points de transition. L’intérêt n’est pas de vérifier si le modèle a été utilisé correctement mais de s’en servir pour réfléchir à son action de médiateur. Ce processus agit comme un déclic mental permettant de repérer les moments-clés de la médiation, d’éclairer la théorie par la pratique et vice versa. Il permet de dérouler le film de la médiation, de réfléchir à de nouvelles manières de faire, de repérer  les attitudes positives et les moments critiques où le modèle a servi de guide. La plus grande leçon de cette discipline est de qu’il n’existe pas de médiation ni de médiateur parfait.

P46

Je n’ai jamais mené de médiation qui suive parfaitement le modèle théorique. Chaque médiation est une variation de la théorie.

P 49 un autre signe d’un modèle dynamique est sa capacité à changer selon les besoins de la culture où est appliquée la théorie.

Adapté les concepts sans se laisser emprisonner par la structure.

 P55 l’authenticité est la condition humaine où il y a convergence et cohérence des valeurs, intentions et comportements.

P57 la culture est un comportement appris.

P 59

Le médiateur doit connaître les protocoles sociaux définis par la culture, ce qui ne veut pas dire qu’il connaît la culture. Son rôle est de comprendre les comportements qui ont l’aider à conduire le processus jusqu’à la conclusion d’un accord durable.

P 76 l’idéal n’est qu’un guide et non le chemin.

P80 la cohérence est la clé pour le médiateur. Son rôle étant d’être présent et de générer le processus, prendre des notes compromet la division du travail qui est le gage de la réussite de la médiation. Le médiateur est le garant du processus, les parties construisent la réalité du moment.

L’art du médiateur est d’appréhender ce dont ont besoin les parties pour réduire la perception de la prise de risque quant à leur statut social et à leur estime de soi.

Le médiateur une menace pour qui ?

P98 une des causes de ce rejet est également que la médiation est une culture étrangère ou qu’elle entre en compétition avec celle de l’organisation. Elle va à l’encontre de la culture de l’affrontement des avocats.

Perte de pouvoir personnel, la médiation n’a pas un pouvoir de destruction, mais elle menace le pouvoir de contrôle.

L’acte de médiation, de par sa nature même, enseigne aux parties qu’elles peuvent prendre des décisions sur leurs relations en se basant sur un nouveau niveau de communication.

« La nostalgie est la plus dangereuse des illusions dans le royaume de la négociation. » Moore dans son processus de médiation.

P 113 ce n’est pas la pratique de la médiation qui est nouvelle, mais sa théorie.

Dans la médiation, c’est justement en comprenant leur comportement bloquant mutuel que les personnes se rendent compte que pour continuer leur relation, elles doivent penser à se réconcilier.

L’objet du litige n’est souvent que le prétexte à alimenter le conflit.

Le médiateur va lever des zones d’ombre, clarifier les malentendus, faire exprimer les non-dits, mettre en évidence les intérêts de chacun, ses principes et ses valeurs.

Le mot conflit vient du latin confligere, qui signifie se battre, se heurter.

Le rôle du médiateur est de résoudre le litige mais pas nécessairement le conflit.

La différence entre les besoins et les désirs des parties.

Les personnes arrivent en médiation avec leur culture du conflit, basée sur le pouvoir, les intérêts ou les droits.

La médiation est la méthode la plus efficace pour traiter les intérêts des parties en conflit.

Le pouvoir dans la culture.

P 131 l’avocat de l’une des parties a ouvert son code et m’a demandé de lire le texte de loi qui selon lui définissait le cas de son client… j’ai répondu à l’avocat en présence de son client : « cette tentative ressemble à celle d’un chirurgien qui irait demander conseil à un boucher pour opérer un patient. Si j’étais le patient, je me poserais des questions sur la compétence des deux. »

Charismatique vient du mot grec « kharisma », qui caractérise quelqu’un qui a un « don » ou une « faveur divine ».

Le médiateur doit avoir en tête les six catégories de pouvoir social :

Légitime, ressource, de référence, d’expertise, d’information ou charismatique, et il les valide !!

J’ai toujours trouvé étrange que l’on impose la confiance à certaines personnes lorsqu’elles sont invitées à participer à une médiation. C’est précisément la raison inverse qui les conduit en médiation. Elles n’ont plus confiance en l’autre.

La fiabilité est neutre. Il est plus facile d’évaluer le comportement des gens que leurs intentions.

P 148 disposer d’une boîte à outils signifie aussi que le médiateur peut avoir tendance à voir les problèmes découverts dans la médiation en fonction des outils qu’il aime utiliser. Si son seul outil est un marteau, il verra des clous partout.

P 148 plus un médiateur comprend ses prédispositions à la tactique et à la stratégie, plus il devient un bon médiateur. Plus il comprend comment son passé peut être un obstacle à s qualité de présence avec les parties, plus il devient un bon médiateur.

P 150 entrer dans la médiation signifie être en contact avec cet espace intérieur où se trouve ma sécurité.

Etre présent.

Par sa présence dans le dialogue, le médiateur doit permettre aux personnes de prendre des risques qu’elles n’avaient pas pu prendre auparavant.

Le médiateur est responsable du processus. Cela veut dire qu’il doit aider les parties à exprimer leurs émotions authentiques et à décrire leur véritable situation.

Le paradoxe du pouvoir dans la médiation : le médiateur gagne du pouvoir dans la mesure où il décide de ne pas influencer l’accord entre les parties.

Il permet le doute positif, c’est-à-dire la remise en cause des certitudes.

P170 dans la médiation, on parle rarement de l’attraction et des rejets interpersonnels, conditions normales de l’être humain dans tout groupe social. L’idée du rejet ou de la résistance entre le médiateur et une partie, tout comme la séduction qui peut exister entre eux, est une réalité dont nous devons nous préoccuper. Certaines qualités peuvent être difficiles à accepter à cause de l’histoire personnelle de chacun. Elles représentent des projections d’insécurité ou des confrontations à certains points faibles de notre structure psychologique. Notre réaction est de résister à cette pénétration et de nous mettre sur la défensive. Ces qualités peuvent aussi séduire. Elles nous attirent et nous les acceptons davantage. La résistance et l’attraction menacent toutes deux la qualité de la médiation. Le médiateur ne peut pas contrôler ces interactions. Cela est impossible. En revanche, il doit être conscient que la résistance et l’attraction ont le pouvoir l’altérer sa capacité à agir avec impartialité. Le médiateur doit s’entraîner à reconnaître ces phénomènes tout comme les cartes de sortie.

En médiation, la seule réalité est celle qui est basée sur le souvenir des parties.

P 195 le processus de médiation plus comme un art que comme une science.

P200 Pose les questions parce que tu peux être naïf. Laisse-les te remplir avec leurs histoires. Ne fais pas de projections, contente-toi d’absorber. »

P204 Comme pour les autres médiations, des moments de celle-ci vont entrer dans ta vie et l’éclairer de manière inattendue. Ta vie a changé, même si tu n’as pas changé la leur. Tu as découvert un nouveau pan de la réalité parce que tu as pu t’émerveiller dans l’arène des autres. Patience. La question n’est pas : qu’as-tu appris mais qu’as-tu reçu ? »

P 206 pour être authentique, le médiateur doit être plus conscient de ses limites que de ses talents.

La moralité est pour moi un ensemble de principes, une boussole indiquant à chacun la direction qu’il choisit de suivre…. la vie morale est définie à l’intérieur de soi, elle est basée sur des convictions personnelles, l’arbitre étant la conscience de l’individu.

L’éthique est la construction des rôles et des comportements créés à l’extérieur de soi, basés sur la culture, la société et l’organisation à laquelle nous appartenons.

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