Méthode de médiation

Méthode de médiation

Au cœur de la conciliation

Alain Pekar Lempereur

Jacques Salzer

Aurélien Colson

Cette réalité ambivalente du conflit –puissant moteur de changement, mais aussi sombre gouffre.

Contraindre est de moins en moins efficace, convaincre de plus en plus nécessaire. 

L’autre fait partie du conflit autant qu’il fera partie de la solution.

Rôle de l’intermédiaire :

L’autre sera évoqué à a fois :

Dans le passé/ le présent (reconnaissance mutuelle des identités et des besoins) / dans le futur

Au IIème siècle après J.C.  le mot fut traduit en latin par mediator. L’intermédiaire.

La médiation, au sens étymologique, se constitue par un espace, un temps, un objet, un langage ou une personne intermédiaire.

La conciliation désigne autant un processus que son résultat. Alors que la médiation ne désigne que le déroulement du processus.

Définition proposée :

Une intervention extérieure impartiale, offerte à des parties en conflit et/ou sollicitée par celles-ci, pour organiser des échanges en vue de construire des solutions mutuellement acceptables.

Les partie : ce terme a le mérite de souligner que les acteurs en conflit font partie d’un ensemble, chacun possédant en général une partie de la vérité et une partie de la solution, pour

L’établissement / rétablissement de relations ultérieures durables.

Seules des personnes extérieures et indépendantes des parties sont considérées comme médiateurs .

Domaines d’exercice du métier :

Relations internationales

Les relations entre entreprises

Les relations internes à l’entreprise, il peut s’agir de médiation préventive et préjudiciaire, ou de médiation judiciaire.

Dans la sphère judiciaire

Entre voisins

A l’école

Dans la famille

Les médiateurs institutionnels : depuis 1973 en France, intervient dans les relations entre l’administration et le citoyen, sou l’appellation de médiateur de la République.

L’intention est d’établir un lien humain et identifié entre un individu et une organisation.

Grands types de médiation (Lempereur 1999)

L’aviseur/l’accoucheur/ l’hybridation des deux.

Les 7 piliers de a médiation :

  1. Solliciter les Parties en permanence pour qu’elles s’approprient le dispositif de résolution, en mobilisant une communication active entre elles et en obtenant une reconnaissance réciproque progressive.
  2. Sécuriser des Principes de fonctionnement éprouvés, c’est-à-dire les « règles du jeu » qui permettront de maintenir le cap de la résolution de problème.
  3. Structurer un Processus concret, inspiré des meilleures pratiques.
  4. Séquencer des phases dans ce processus, avec diverses étapes, depuis la mise en place de la médiation jusqu’à, si possible, un accord.
  5. Saisir le Problème et ses différentes données, par une analyse approfondie de ses dimensions.
  6. Surmonter les pièges qui peuvent jalonner le processus et empêcher une résolution.
  7. Sceller les Points d’accord (ou de désaccord), avec l’espoir de faire émerger peu à peu une solution pacifique et réaliste, exécutable et exécutée par les deux parties.

7 sagesses de recours à un tiers en situation de conflit

Accompagnateur

Avocat

Aide-conseil

Accoucheur : la solution est l’enfant des parties (conçu par elles) médiateur

Aviseur : la solution est l’enfant du médiateur (conçu par lui) médiateur

Arbitre

Autorité

L’objectif de la rencontre des parties :

Leur permettre d’extériorisé non contre l’autre, mais devant l’autre. La personne peut désormais se tourner vers sa raison. Une décharge émotionnelle. Des arguments rationnels seuls gardent les affects sous le manteau, et bloquent la solution.

Le médiateur doit savoir reconnaître, accepter et accueillir lui-même l’émotion, la considérer, la nommer, la canaliser sans la rejeter. L’émotion émise et l’émotion perçue.

Le médiateur expliquera une distinction essentielle entre la compréhension et l’accord : une partie peut à la fois comprendre comment l’autre a fonctionné –ce qui soulage l’autre, puisqu’il se sent reconnu dans ce qu’il est – et ne pas être d’accord avec lui. Une partie qui comprend peut en même temps continuer à nourrir une vision différente de la réalité.

L’ignorance et l’incompréhension réciproques s’accroissent lorsque des individus, groupes ou organisations en conflit appartiennent à des cultures radicalement différentes : cultures nationales, mais aussi cultures professionnelles.

La confidentialité ne saurait couvrir des atteintes à l’ordre public. « Je m’engage à la confidentialité et vous invite à le faire. Mais si une atteinte à l’ordre public se produisant, je serais obligé de le signaler au procureur. »

Les exceptions nécessaires au principe de confidentialité :

L’accord de tous sur la non-confidentialité : si les parties présentes sont des représentants d’organisations plus vastes, chacun doit pouvoir parler à son organisation de ce qui s’est dit.

La confidentialité  pour le médiateur et la liberté de parole à l’extérieur pour les parties.

Ouvert à des aménagements avec l’accord de tous

L’accord sur l’information commune qui sera donnée à l’extérieur.

Evidemment : en cas de non-respect de la loi.

La médiation a toujours lieu sous le couvert de la loi. C’est le principe de respect du droit.

Le temps consacré par le juge à traiter en présence des parties est très court.

Une méthode de médiation est essentiellement structurée par des principes.

En amont, les parties et le médiateur gagnent à s’accorder de façon explicite sur la plupart de ces principes et sur une volonté partagée de les mettre en pratique. Une forme de compromis de méditation, un engagement réciproque sur les règles du jeu présidant aux échanges ultérieurs.

En aval, veille conjointe, du médiateur et des parties.

Ne pas isoler le différend de son contexte.

Depuis la sophistique des Grecs, la vraisemblance emporte plus de succès dans les prétoires que la vérité.

La médiation dépasse la seule apparence juridique du conflit (partie émergée de l’iceberg) pour se préoccuper de sa réalité profonde (sa partie immergée).

Je prépare ma communication :

  • Ce que je voudrais dire absolument
  • Ce que je pourrais dire aussi
  • Ce que je préfère ne pas dire, ou alors seulement au médiateur lors d’un entretien séparé
  • Les questions à poser au médiateur
  • Les questions à poser à l’autre partie

Afin de surmonter le problème, qu’est-ce que l’autre pourrait proposer ?

Et moi, que pourrais-je proposer pour construire une solution future ?

En tant que partie en conflit, notre réflexe est d’accuser l’autre et de s’exciser soi.

Chaque partie gagne à planifier en amont, ce qu’elle souhaite dire.

Je prépare ma communication

  • Ce que je voudrais dire absolument
  • Ce que je pourrai dire aussi
  • Ce que je préfère ne pas dire, ou alors seulement au médiateur lors d’un entretien séparé
  • Les questions à poser a médiateur
  • Les questions à poser à l’autre partie

Afin de surmonter le problème, qu’est-ce que l’autre pourrait proposer ?

Et moi, que pourrais-je proposer pour construire une solution future ?

En tant que partie en conflit, notre réflexe est d’accuser l’autre et de s’excuser soi.

Avant le début de la médiation : consulter tous les avocats, en général séparément pour recevoir leur point de vue juridique. Proposer aux avocats de s’accorder avec les parties sur leur présence ou leur absence.

L’avocat est un expert juridique sur le contenu.

P.O.R.T.E.

P comme Présentations

O comme Objectifs

R comme Règles

T comme Temps

E comme Etapes

P 132 Tout médiateur gagne à prendre conscience de la façon dont il opère et à mettre en mots sa pratique : c’est aussi important pour lui que pour les parties, qui doivent savoir à quoi s’attendre.

Que souhaitez-vous qu’il se passe à la fin de nos rencontres ?

Quelles sont les choses que vous attendez de cette médiation ?

Dans l’idéal, pour vous, qu’aimeriez-vous en repartant d’ici ?

Règles

De non-interruption

De respect mutuel

De confidentialité

Etapes

I/ du passé vers le présent (relation/problème)

  • identification des points à traiter
  • approfondissement des points
  • reconnaissance des différentes perceptions ensemble,  pour que chacun se sente compris. Cette compréhension réciproque du fond et de la forme du désaccord.

L’hexamètre de Quintilien,

6 questions ouvertes utiles au médiateur

Qui ?                     Qui est concerné par cette situation ?

Quoi ?                  De quoi s’agit-il ? quel est le problème ?

Où ?                      Où cela se passe-t-il ? le problèmes est-il lié au lieu ?

Pourquoi ?         Quelle était l’intention de chacun, l’objectif poursuivi ?

Comment ?        Comment en est-on arrivé à la situation actuelle ?

Quand ?              Quand le problème est-il apparu ? Quels ont été les moments difficiles 

II/ du présent vers le futur

  • Imaginer
  • Evaluer
  • choisir

Que souhaitez-vous qu’il se passe à la fin de nos rencontres ?

Quelles sont les choses que vous attendez de cette médiation ?

Dans l’idéal, pour vous, qu’aimeriez-vous en repartant d’ici ?

P 167

L’écoute et la mémoire sont sélectives. Chacun choisit en conscience ou non et ne retient qu’une partie des propos. Le médiateur et les parties n’échappent pas  ce biais psychologique commun. Pour s’en prémunir –au moins pour une part – et toujours dans une logique d’approfondissement, nous invitons le médiateur à utiliser plusieurs grilles d’analyse, qui l’aideront à retracer ce passé qui reste présent.

Noter :

Le changement de registre/ la chronologie des événements du conflit/le fond et la forme/la motivation de la motivation, ou le pourquoi du pourquoi /sentiments-Valeurs-Besoins

Les sentiments liés aux émotions, passés ou présents. ‘

Les valeurs liées aux principes juridiques et moraux, aux opinions et croyances et qui de son point de vue, n’ont pas été respectés.

Les besoins ou motivations liés à des manques provoqués ou aiguisés par le conflit (reconnaissance, soutien moral, autonomie, compensation matérielle…)

P 211 chapitre 8 sur les pièges en médiation, sous-titre : Questionner ses pratiques avant d’agir aux moments critiques.

Connaître ces obstacles et difficultés constitue une façon, pour une part non négligeable de s’en prémunir…. Ce catalogue d’obstacles… il invite les médiateurs à reconsidérer leurs comportements. Il vise à favoriser une réflexion sur leurs pratiques et ces moments de gêne qu’ils éprouvent chez eux comme chez les parties…. P 212 réflexes contre-productifs. Il doit se méfier lui-même de certaines intuitions.

Ex : obsession de la vérité/comportement hâtif du médiateur/ assimilation des positions aux solutions/ déception et découragement…

P 245 – 146

Conclusion

L’esprit derrière la méthode.

Le médiateur ou la force d’une interrogation de soi

Socrate nous fixait comme premier impératif : « Connais-toi toi-même. » dans la quête du sens de son action, un grave risque pour un médiateur est d’ignorer cette recommandation, de pratiquer son art sans se poser de questions, sans écouter sa voix intérieure, sans conscience. Se poser des questions sur soi, c’est privilégier une approche réflexive de ses pratiques : « Je doute, donc je suis médiateur. »Ce doute hyperbolique éloigne d’une confiance aveugle dans ses instincts et routines, invite à rechercher sans cesse des réponses plus pertinentes, en quête d’un soi en mouvement qui se construit par un questionnement continuel. Car on ne naît pas médiateur, on le devient. Bien entendu, certains d’entre nous ont des prédispositions à moyenner la paix entre des parties en conflit, mais même les meilleurs se fourvoient ; d’où la nécessité de ce retour sur soi, par soi, qui s’exprime par l’introspection,  par exemple dans un journal de bord personnel tenu par le médiateur….

Car nul ne peut être médiateur sans être avec les autres, source fondamentale de questionnements pour soi.

Ces autres que lui, ce sont ensuite ses pairs….

Médiateurs et experts se réunissent et –après forces débats ou tout le monde questionne tout le monde, critique, soupèse, raffine, médie en quelque sorte –parviennent à des réponses de consensus que la pratique future ne manquera pas de mettre à l’épreuve. La médiation encadrée par ces instances amène la constitution d’un corpus de réponses guidant le questionnement futur du médiateur et l’empêchant de prendre des chemins de traverse ou de se trouver face à un mur. Ces instances préparent la lettre de mission du médiateur, lui procurent des référents avec lesquels il peut échanger si nécessaire, et lui demandent de faire rapport. Elles assurent au médiateur de ne pas se retrouver seul avec des règles ou une méthode, mais de pouvoir discuter à tout moment de leur application avec d’autres spécialistes, aussi soucieux que lui d’être bons médiateur… en contribuant à constituer, socialiser, institutionnaliser et professionnaliser une communauté de médiation.

P 247

Les parties… nourrissent des doutes et donc amènent le médiateur lui-même au doute. Le regard des parties s’interroge, interroge le médiateur…. le médiateur est donc d’abord une force par une interrogation de soi. Ce moi en questionnement permanent est un moi performant, car sa performance même est maintenue en tension avec ce questionnement de soi. (l’auto-analyse)

P 251

Pour approcher  une éthique de la médiation,  sans doute faut-il, loin des abstractions, se nourrir de l’action pratique des médiateurs.

P 255

Il inspire le besoin de se conduire de manière exemplaire…. le médiateur, surtout s’il a bien exposé le processus… assure une communication performante.

Les outils de l’intelligence collective

Les outils de l’intelligence collective

La favoriser, la comprendre, la stimuler

Michel Moral, Florence Lamy

Mon milieu m’a poussée là (IC) sans que je le sache.

Comment nous pouvons nous mettre d’accord sans « souffrance ».

« La confiance permet de prendre part à la grande harmonie. A mesure que la confiance augmente, la détente se produit. Le flux se libère, le flux vient de la confiance.» Sagesse du Tao

Une recherche récente de Pentland (2012) monte que l’énergie et l’engagement mis par les membres d’une équipe dans la communication non formelle est prédictive de 30% de la performance. Il recommande donc : de maximiser la communication descendante, de favoriser la communication hors réunion, d’échanger les idées entre les membres et pas seulement avec le leader et enfin de rechercher des idées hors de l’équipe.

« Y a-t-il ou non circulation d’information informelle de type convivialité dans le collectif concerné. Sur une échelle de 0 à 5, évaluez la capacité dudit collectif »

Sociocratie, terme introduit par Auguste Comte (1851) au début du XIX siècle. Ce mode de prise de décision et de gouvernance permet à une organisation de fonctionner comme un organisme vivant, c’est-à-dire de s’auto-organiser en permanence.

Terminologie :

Mission, but, objectifs : trois notions différentes

Ainsi, un syndicat a pour mission de représenter ses membres, un restaurant celle de nourrir ses clients.

Le but d’un grand chef cuisinier est que sa nourriture soit exceptionnellement bonne tandis que celui de la brasserie au coin de la rue est d’avoir un maximum de clients.

L’objectif du second sera plus facilement mesurable et soumis à des contraintes objectives.

La mission est en général explicitée en une déclaration qui est rendue publique. Elle doit être claire, concise, établir précisément le cœur de l’activité et être inspiratrice, c’est-à-dire susciter la curiosité et l’envie d’être partenaire.

La vision est définie comme « comment l’organisation trouve son accomplissement » (Barrett) ou « ce que nous pouvons devenir si nous réussissons à atteindre notre but, à suivre notre stratégie et nous comporter selon nos valeurs » (Hawkins)

Stratégie et valeurs

Pour le Comment, les mots utilisés appartiennent à deux champs sémantiques. Le premier comprend des termes comme tactique, stratégie et plan d’action tandis que le second évoque les valeurs, les principes, les comportements et les attitudes.

Nous devons faire le deuil du contrôle et réfléchir sur la notion de complexité, de prévisible et d’imprévisible et sur le réversible ou l’irréversible, donc sur l’entrope et l’émergence.

  1. L’état actuel et l’état désiré sont distincts, chacun est stable.
  2. Le processus de changement est contrôlé et réversible
  3. Les énergies « verticales » sont prévisibles
  4. L’énergie « horizontale » nécessaire pour dépasser la résistance l’est aussi.

Le passage d’un à l’autre est imprévisible, aléatoire et irréversible.

  1. L’état actuel et l’état désiré sont distincts, chacun est stable.
  2. Le processus de changement est incontrôlé et le plus souvent irréversible
  3. Les énergies « verticales », effort et ambition, sont imprévisibles
  4. L’énergie « horizontale » nécessaire, celle  pour vaincre les résistances, l’est également.

Si le coach n’est qu’un facteur déclencher, son action dépend de l’état du système qu’il accompagne. S’il n’est qu’un facteur contributeur, le changement ne se produira pas.

Les préoccupations des dirigeants, outre la complexité, la nécessité de se montrer plus agile, plus réactif ou plus souple.

L’entropie, c’est la dégradation naturelle des choses, c’est le vieillissement et la mort, c’est la conceptualisation de l’irréversibilité.

Si le système est ordonné, il aura une entropie moins élevée que s’il est désordonné.

Les  intelligences plurielles :

Howard Gardner (83)

7 catégories

  1. Logico-mathématique
  2. Spatiale
  3. Interpersonnelle
  4. Corporelle-kinesthésique
  5. Verbo-linguistique
  6. Intra-personnelle
  7. Musicale-rythmique
  8. Existentielle ou spirituelle
  9. Organisationnelle
  10. Ethique
  11. Sexuelle
  12. Sociale culturelle
  13. Culturelle
  14. Organisationnelle

Exécution d’une mission :

  1. Vision stratégique
  2. Destin partagé
  3. Appétit pour le changement
  4. Cœur ou esprit
  5. Alignement et congruence (structure systèmes et règles)
  6. Déploiement des connaissances
  7. Pression sur les performances

Ces 7 dimensions définissent une vraie culture d’entreprise.

L’intelligence collective : I. relationnelle et I. émotionnelle

I. émotionnelle : la capacité à percevoir les émotions, à les comprendre, à les utiliser, à les réguler et à les intégrer à sa pensée. La compréhension de soi et des autres, la capacité à établir de bonnes relations et à s’adapter aux fluctuations de l’environnement.

I. relationnelle : comprend l’intelligence verbale (capacité à communiquer), l’intelligence interpersonnelle (capacité à comprendre l’autre, empathie). L’IR outil de mesure le QIR de Fabrice Lacombe ou les questionnaires d’Olivier Zara.

Le médiateur dans l’arène

Le médiateur dans l’arène

Réflexion sur l’art de la médiation

Thomas Fiutak

La présentation approfondie d’un modèle méthodologique de médiation

Nombreux sont les médiateurs et les négociateurs que j’ai formés, qui ont remodelé et repensé certains des concepts de base liés au modèle du cycle de la médiation et à son application. Cela démontre la nature organique de ce modèle, processus vivant en évolution constante. L’un des buts de ce livre est de fournir un tronc commun clairement identifié et disponible : les ramifications et les innovations peuvent ainsi gagner en puissance grâce à l’identification d’une source mère.

3.  L’établissement d’une base commune de connaissances pour tous. La nécessité d’un lexique définissant les idées et les concepts se fait sentir d’autant plus ue le terme de médiation est utilisé dans différentes acceptations.

5. l’éclairage sur les questions et les tensions du rôle de médiateur.

6. la compréhension de l’interaction entre la culture et la médiation.

L’importance que pouvaient avoir les petites zones d’intérêt commun pour arriver  à conclure des accords dans ces conflits très complexes.

Le modèle parfait n’existe pas dans la réalité.

P45-46 Point de transition H : contribuer à l’évolution du médiateur

Trop souvent,  le médiateur ne tient pas compte de ce point de transition. Entre deux médiations, il est important qu’il ait à sa disposition une méthode pour revenir à sa propre culture. Un soutien actif de la part des autres médiateurs lui permettra de continuer à jouer son rôle. Des discussions avec des collègues médiateurs ou des personnes impliquées dans la médiation l’aideront à réfléchir sur sa pratique et à l’analyser de façon a s’améliorer et à tirer profit de l’expérience des autres. Si ce livre traite essentiellement du changement pendant la médiation, la négociation et le conflit, ce changement concerne aussi le médiateur. Après la médiation, un débriefing avec d’autres médiateurs permet de retrouver les principes généraux de toute médiation au-delà des particularités de chacune. Une autre façon de procéder est d’utiliser une méthode de communication sur le processus de médiation pour analyser son travail tout en gardant la confidentialité.

Le modèle du cycle de la médiation permet de confronter la réalité de la médiation vécue à ses concepts. Après chaque médiation, le médiateur peut trouver un grand bénéfice à dessiner le modèle et à parcourir de mémoire ses attitudes et ses comportements dans les différentes phases et points de transition. L’intérêt n’est pas de vérifier si le modèle a été utilisé correctement mais de s’en servir pour réfléchir à son action de médiateur. Ce processus agit comme un déclic mental permettant de repérer les moments-clés de la médiation, d’éclairer la théorie par la pratique et vice versa. Il permet de dérouler le film de la médiation, de réfléchir à de nouvelles manières de faire, de repérer  les attitudes positives et les moments critiques où le modèle a servi de guide. La plus grande leçon de cette discipline est de qu’il n’existe pas de médiation ni de médiateur parfait.

P46

Je n’ai jamais mené de médiation qui suive parfaitement le modèle théorique. Chaque médiation est une variation de la théorie.

P 49 un autre signe d’un modèle dynamique est sa capacité à changer selon les besoins de la culture où est appliquée la théorie.

Adapté les concepts sans se laisser emprisonner par la structure.

 P55 l’authenticité est la condition humaine où il y a convergence et cohérence des valeurs, intentions et comportements.

P57 la culture est un comportement appris.

P 59

Le médiateur doit connaître les protocoles sociaux définis par la culture, ce qui ne veut pas dire qu’il connaît la culture. Son rôle est de comprendre les comportements qui ont l’aider à conduire le processus jusqu’à la conclusion d’un accord durable.

P 76 l’idéal n’est qu’un guide et non le chemin.

P80 la cohérence est la clé pour le médiateur. Son rôle étant d’être présent et de générer le processus, prendre des notes compromet la division du travail qui est le gage de la réussite de la médiation. Le médiateur est le garant du processus, les parties construisent la réalité du moment.

L’art du médiateur est d’appréhender ce dont ont besoin les parties pour réduire la perception de la prise de risque quant à leur statut social et à leur estime de soi.

Le médiateur une menace pour qui ?

P98 une des causes de ce rejet est également que la médiation est une culture étrangère ou qu’elle entre en compétition avec celle de l’organisation. Elle va à l’encontre de la culture de l’affrontement des avocats.

Perte de pouvoir personnel, la médiation n’a pas un pouvoir de destruction, mais elle menace le pouvoir de contrôle.

L’acte de médiation, de par sa nature même, enseigne aux parties qu’elles peuvent prendre des décisions sur leurs relations en se basant sur un nouveau niveau de communication.

« La nostalgie est la plus dangereuse des illusions dans le royaume de la négociation. » Moore dans son processus de médiation.

P 113 ce n’est pas la pratique de la médiation qui est nouvelle, mais sa théorie.

Dans la médiation, c’est justement en comprenant leur comportement bloquant mutuel que les personnes se rendent compte que pour continuer leur relation, elles doivent penser à se réconcilier.

L’objet du litige n’est souvent que le prétexte à alimenter le conflit.

Le médiateur va lever des zones d’ombre, clarifier les malentendus, faire exprimer les non-dits, mettre en évidence les intérêts de chacun, ses principes et ses valeurs.

Le mot conflit vient du latin confligere, qui signifie se battre, se heurter.

Le rôle du médiateur est de résoudre le litige mais pas nécessairement le conflit.

La différence entre les besoins et les désirs des parties.

Les personnes arrivent en médiation avec leur culture du conflit, basée sur le pouvoir, les intérêts ou les droits.

La médiation est la méthode la plus efficace pour traiter les intérêts des parties en conflit.

Le pouvoir dans la culture.

P 131 l’avocat de l’une des parties a ouvert son code et m’a demandé de lire le texte de loi qui selon lui définissait le cas de son client… j’ai répondu à l’avocat en présence de son client : « cette tentative ressemble à celle d’un chirurgien qui irait demander conseil à un boucher pour opérer un patient. Si j’étais le patient, je me poserais des questions sur la compétence des deux. »

Charismatique vient du mot grec « kharisma », qui caractérise quelqu’un qui a un « don » ou une « faveur divine ».

Le médiateur doit avoir en tête les six catégories de pouvoir social :

Légitime, ressource, de référence, d’expertise, d’information ou charismatique, et il les valide !!

J’ai toujours trouvé étrange que l’on impose la confiance à certaines personnes lorsqu’elles sont invitées à participer à une médiation. C’est précisément la raison inverse qui les conduit en médiation. Elles n’ont plus confiance en l’autre.

La fiabilité est neutre. Il est plus facile d’évaluer le comportement des gens que leurs intentions.

P 148 disposer d’une boîte à outils signifie aussi que le médiateur peut avoir tendance à voir les problèmes découverts dans la médiation en fonction des outils qu’il aime utiliser. Si son seul outil est un marteau, il verra des clous partout.

P 148 plus un médiateur comprend ses prédispositions à la tactique et à la stratégie, plus il devient un bon médiateur. Plus il comprend comment son passé peut être un obstacle à s qualité de présence avec les parties, plus il devient un bon médiateur.

P 150 entrer dans la médiation signifie être en contact avec cet espace intérieur où se trouve ma sécurité.

Etre présent.

Par sa présence dans le dialogue, le médiateur doit permettre aux personnes de prendre des risques qu’elles n’avaient pas pu prendre auparavant.

Le médiateur est responsable du processus. Cela veut dire qu’il doit aider les parties à exprimer leurs émotions authentiques et à décrire leur véritable situation.

Le paradoxe du pouvoir dans la médiation : le médiateur gagne du pouvoir dans la mesure où il décide de ne pas influencer l’accord entre les parties.

Il permet le doute positif, c’est-à-dire la remise en cause des certitudes.

P170 dans la médiation, on parle rarement de l’attraction et des rejets interpersonnels, conditions normales de l’être humain dans tout groupe social. L’idée du rejet ou de la résistance entre le médiateur et une partie, tout comme la séduction qui peut exister entre eux, est une réalité dont nous devons nous préoccuper. Certaines qualités peuvent être difficiles à accepter à cause de l’histoire personnelle de chacun. Elles représentent des projections d’insécurité ou des confrontations à certains points faibles de notre structure psychologique. Notre réaction est de résister à cette pénétration et de nous mettre sur la défensive. Ces qualités peuvent aussi séduire. Elles nous attirent et nous les acceptons davantage. La résistance et l’attraction menacent toutes deux la qualité de la médiation. Le médiateur ne peut pas contrôler ces interactions. Cela est impossible. En revanche, il doit être conscient que la résistance et l’attraction ont le pouvoir l’altérer sa capacité à agir avec impartialité. Le médiateur doit s’entraîner à reconnaître ces phénomènes tout comme les cartes de sortie.

En médiation, la seule réalité est celle qui est basée sur le souvenir des parties.

P 195 le processus de médiation plus comme un art que comme une science.

P200 Pose les questions parce que tu peux être naïf. Laisse-les te remplir avec leurs histoires. Ne fais pas de projections, contente-toi d’absorber. »

P204 Comme pour les autres médiations, des moments de celle-ci vont entrer dans ta vie et l’éclairer de manière inattendue. Ta vie a changé, même si tu n’as pas changé la leur. Tu as découvert un nouveau pan de la réalité parce que tu as pu t’émerveiller dans l’arène des autres. Patience. La question n’est pas : qu’as-tu appris mais qu’as-tu reçu ? »

P 206 pour être authentique, le médiateur doit être plus conscient de ses limites que de ses talents.

La moralité est pour moi un ensemble de principes, une boussole indiquant à chacun la direction qu’il choisit de suivre…. la vie morale est définie à l’intérieur de soi, elle est basée sur des convictions personnelles, l’arbitre étant la conscience de l’individu.

L’éthique est la construction des rôles et des comportements créés à l’extérieur de soi, basés sur la culture, la société et l’organisation à laquelle nous appartenons.

La médiation pour tous

La médiation pour tous

Béatrice Blohorn-Brenneur

Nos préjugés fonctionnent comme un filtre.

Le mérite du droit est de proposer un cadre de référence, tant dans les relations privées, pour permettre l’exercice des libertés, qu’en ce qui concerne l’ordre public qui est obligatoire. Mais le droit ne peut tout prévoir.

Le champ des solutions de la médiation offre de multiples combinaisons.

Le conflit attaque l’identité de l’autre.

La médiation permet l’accueil et l’écoute du justiciable ; elle invite les personnes en litige à se parler et s’expliquer, à s’écouter sans s’attaquer.

La médiation, c’est du bon sens.

Les règles de la médiation : respect mutuel des personnes, écoute, reformulation ponctuelle, vérification de la compréhension réciproque dans le désaccord, recherche de solutions en réponse aux besoins.

Théorie et pratique de la médiation

Le terme conflit vient du latin « confligere » qui veut dire heurter.

Le conflit renvoie la personne à se questionner sur la raison des sentiments de tristesse, peur ou colère qui l’animent. L’individu prend conscience de ses valeurs et de ses besoins fondamentaux lorsqu’il se mesure à l’obstacle et que son point de vue est remis en question par les autres.

Le litige juridique est la partie visible de l’iceberg. le conflit est plus diffus, c’est la partie immergée de l’iceberg, mais il en est la cause générique, consciente ou inconsciente. Le conflit est l’origine du litige dont sera saisi le juge. Le litige est juridique, le conflit est personnel.

Le procès naît d’une souffrance habillée en termes juridiques par l’avocat, puis par le juge. Mais lorsque le juge a rendu sa décision « en droit », il a très souvent laissé intacte la souffrance personnelle.

Le litige peut-être :

  • Juridique (professionnel du droit)
  • Technique (expert)
  • Economique (juge ou expert)
  • Relationnel (médiation)

Dans ce dernier cas, il relève de la médiation, car il touche à la relation entre les personnes. Une personne se sent atteinte dans son identité, niée, dévalorisée, bafouée, insultée… le conflit interpersonnel et relationnel relève souvent de l’affect. Il est issu d’une confrontation des systèmes de valeurs, des cultures et langages utilisés, de l’histoire personnelle et sociale qui a souvent marqué l’un et l’autre, de l’opposition de besoins essentiels non satisfaits.

A l’origine du conflit :

  • Des malentendus ou non-dits
  • Des systèmes de valeurs de référence différents
  • Des intérêts divergents
  • Des besoins non satisfaits

La demande n’est pas le besoin !!

Le besoin ne correspond pas toujours à la demande en justice.

Les modes de résolution des conflits

Trois moteurs de résolution des conflits

  1. La force : tend à l’élimination physique, matérielle ou psychologique de l’adversaire
  2. Le droit : tend à faire valoir la suprématie juridique, rapport de force dans les limites du droit sans en sortir, ça correspond en AT à la relation parent/enfant, le juge étant parent normatif.
  3. Les intérêts : les parties vont trouver d’elles-mêmes leur accord. AT : adulte/adulte

Six modes de résolution des conflits

  1. La discussion et la négociation directe
  2. La médiation : Conventionnelle ou juridique
  3. La conciliation : soit le juge lui-même, soit un conciliateur de justice, à qui le juge délègue. La phase de conciliation est obligatoire dans certains domaines comme les divorces et les conflits individuels du travail
  4. L’arbitrage : il juge l’affaire en appliquant la loi, en équité
  5. Le jugement
  6. La convention de procédure participative (article 2062 du code civil « une convention par laquelle les parties à un différend n’ayant pas encore donné lieu à la saisine d’un juge ou d’un arbitre s’engagent à œuvrer conjointement et de bonne foi à la résolution amiable de leur différend »)

France, ordonnance du 16 novembre 2011

« la médiation s’entend de tous processus structuré, quelle qu’en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l’aide d’un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par le juge saisi du litige »

Elle est différente de la conciliation dans sa mise en œuvre. La conciliation cherche une solution à apporter au litige juridique. Selon l’article du code de procédure civile : « il entre dans la mission du juge de concilier les parties »

La conciliation est intégrée au système judiciaire, elle est gratuite !

La médiation vise à rétablir la relation entre les parties et à trouver la solution au conflit personnel qu’elles vivent ave l’appui d’un tiers, indépendant du système judiciaire, dont les pouvoirs sont définis par les articles 131-1 et suivants du code de procédure civile. Elle peut être prise en charge au titre de l’aide juridictionnelle pour les faibles revenus, ou par des organismes sociaux (caisses d’allocations familiales pour la médiation familiale), ou certains services publics territoriaux (mairie, communautés de communes ou d’agglomérations…).

Le conciliateur est plus incitatif que le médiateur. Il a tendance à moins travailler au rétablissement de la relation, pour davantage rechercher l’accord. Le médiateur approfondit plus les relations entre les parties que le conciliateur.

Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice, sa mission s’exerce bénévolement.

Le médiateur judiciaire doit justifier d’une formation ou d’une expérience et d’une qualification adaptée au litige (article 131-5 du code de procédure civile. Le juge fixe le montant de la rémunération du médiateur qui est donc contrôlée, du moins pour la médiation judiciaire. Le médiateur perçoit des honoraires versés par les parties.

La décision de justice, avantages et limites :

L’acte de juger est de trancher le litige

Il s’agit de l’interprétation ou de l’application de la loi. Cela touche le domaine dit de l’ordre public

Les limites : la finalité longue de l’acte de juger est de contribuer à la paix sociale !

Trancher le litige en droit ne privilégie pas la pacification du conflit et ne permet pas toujours de prendre en compte son caractère humain.

On privilégiera le recours à un mode amiable lorsqu’il s’agit :

  • D’éviter l’aléa judiciaire ; deux juges pourront prendre deux décisions diamétralement opposées.
  • D’éviter le coût du procès 
  • D’éviter la lenteur du procès, délai
  • D’un problème d’équité (preuve manquante). Le juge n’a pas le droit de statuer en équité. Il doit statuer selon les règles du droit.les pièces d’un dossier ne reflètent pas toujours la vérité. On peut avoir raison dans l’absolu et ne pas pouvoir en apporter la preuve.
  • De faciliter l’exécution de la décision. Il faut saisir un juge de l’exécution alors que l’accord trouvé en médiation est immédiatement appliqué.
  • De maintenir les relations
  • D’éviter la publicité des débats. La décision judiciaire est rendue publiquement. Parfois, elle est même publiée dans des journaux, ce qui peut nuire à l’image d’une entreprise ou à la commercialisation d’un produit.
  • D’éviter de tomber dans la victimisation. Tant que la victime ne sort pas du rôle de victime qu’elle s’est attribué, les tensions persistent !!!

La médiation, avantages et limites :

  • La souplesse du processus
  • Le médiateur, comme le conciliateur, peut rencontrer personnellement chaque partie, hors de la présence de l’autre
  • Le temps réduit du déroulement
  • Le coût très réduit :

Médiation familiale entre 5 et 120 euros la rencontre, selon le revenu

Médiation du travail  environ 800 euros à partager entre les 2 parties

Médiation commerciale entre 1000 à 10 000 euros selon les montants en jeu et le temps

  • Le maintien des relations pour l’avenir
  • La recherche d’un accord au plus près des intérêts de chacun
  • La confidentialité

Les limites :

La nature du conflit : les litiges qui ne concernent que l’interprétation de la loi ne relèvent pas de la médiation, mais du juge.

L’état d’esprit des personnes

Certaines refusent d’écouter l’autre. Elles ne sont accessibles qu’à leur propre raisonnement. Et les blessures d’amour-propre. Si le seul souhait est de nuire à l’autre et aussi en fonction de l’état pathologique. Il appartient au médiateur, d’adresser une ou les parties à un spécialiste, si cela lui apparaît nécessaire.

La gestion des émotions

En exprimant leurs émotions, les personnes retrouvent progressivement les chemins de la raison, elles retrouvent leur faculté de raisonner.

Emotion émouvoir, viennent du latin emovere : mettre en mouvement.

En médiation, les personnes vivent leurs émotions, la médiation est dynamique. L’émotion est une opportunité !

Elle permet de passer de la demande aux besoins à satisfaire. Lorsqu’elle est exprimée, elle s’arrête d’elle-même.

La demande en justice a tendance à être statique

L’émotion est un processus rapide composé d’une phase de déclenchement suivi d’une phase de réaction. La phase de réaction crée une motivation à agir. La confrontation est un comportement réflexe visant à mettre avant tout en sécurité.

Lorsque je suis conscient qu’une émotion est présente ne moi, je peux la nommer. Elle devient un mot, prend du sens, c’est le sentiment. « J’ai conscience que je suis en colère, triste…, il y a une personnification dans le langage. En réalité, je ne suis pas mes émotions. Je les ressens. Le sentiment est donc un mot que l’on met sur nos ressentis. Puis l’on interprète des faits. Les faits sont transformés en ressentis qui donnent naissance à des expressions et des comportements automatiques, puis à un sentiment que notre cerneau tente immédiatement d’analyser, générant alors une interprétation plus élaborée sur ce qui se passe vraiment en dehors. Chacun a sa réalité

Selon Dominique Proudhon, les outils du médiateur sont :

  • Parler émotion en leur donnant leur juste place
  • Traduire les besoins, en faisant émerger les besoins cachés dans les réactions et les émotions. Ainsi, on pourra expliciter l’intention derrière les actes
  • Démasquer les interprétations. On peut alors diminuer la puissance des jugements qui sont des interprétations cristallisées en certitudes, et sortir de la dynamique blessure/vengeance et offense/punition pour favoriser la compréhension mutuelle.

Le déroulement de la médiation

Qu’est-ce qui retient les personnes d’aller en médiation :

  • Le sentiment que tout a été dit et qu’il n’y a pas de discussion possible
  • La peur de l’inconnu
  • Le sentiment d’avoir raison et qu’il n’y a aucune raison de faire des concessions
  • Le sentiment qu’avec l’autre, on ne peut pas discuter
  • La lassitude
  • La peur de rencontrer l’autre
  • Le désir d’être officiellement déclaré vainqueur

Avant la médiation :

Les règles de respect, d’écoute et de recherche de compréhension mutuelle qui rendront les échanges différents de ce qu’ils ont été dans le passé.

A la recherche de « qui a tort, qui a raison », la médiation substitue la recherche d’un échange authentique, sincère et plus calme sur « qu’est-ce que chaque partie a ressenti ? En quoi elle a le sentiment d’avoir raison ?

Le premier acte du processus de médiation est donc d’informer les parties sur ce qu’est la médiation et la manière dont va se dérouler le processus.

Ouverture de la médiation :

A la suite de l’avant médiation, si les parties donnent leur accord sur le principe de la médiation alors :

  • Un lieu est choisi, de préférence neutre
  • Un temps est prévu : la séance peut durer de 1 à 4h
  • Un coût est défini : le médiateur est rémunéré par les parties, l’état ou des institutions : assurances, banques, la poste, conseil de l’Europe…

Le médiateur accueille les personnes et les place en triangle.

Le médiateur prend d’abord le temps de présenter la médiation. Lorsque les personnes se présentent à la première réunion, elles sont dans l’émotion, le médiateur doit donc occuper le terrain et les mettre en confiance.

PORTE

  • Présentation : le médiateur se présente, il n’est ni juge, ni arbitre, ne donne pas de conseils. Il contribue à la mise en place de règles d’échange conduisant à la compréhension mutuelle et à la recherche de solutions qui peuvent convenir à tous. Il présente le rôle de chacun des acteurs de la médiation : le médiateur, les avocats, le juge… s’il y a lieu, il invite les parties à se présenter. Le médiateur s’assure que chacune des parties a le pouvoir de singer l’accord final. Il s’est assuré au préalable qu’il a autour de la table les personnes utiles à la résolution du conflit. Il cherche aussi le fantôme, celui qui tire les ficelles, qui est décideur.
  • Objectifs : l’objectif est la résolution du conflit, et la recherche par les parties elles-mêmes des solutions qui leur conviennent. L’objectif est aussi d’éviter les inconvénients du système judiciaire et d’aboutir à un accord sans aléa, rapide, équitable, exécuté sans réticence, loin de la publicité des débats, accord qui contribue à maintenir la relation, ceci à faible coût.
  • Règles : confidentialité, des entretiens séparés. Chacune des parties et le médiateur peuvent arrêter la médiation à tout moment. Respect de la personne (pas d’insultes) et respect de la parole de l’autre, en notant ce qui est important pour lui répondre plus tard. Penser au papier et aux crayons !!!
  • Temps : une ou plusieurs réunions. En médiation judiciaire, trois mois, renouvelable une fois.
  • Engagements : faire signer un engagement.

Les phases de la médiation (par Thomas Fiutak) :

Quoi ? Qu’est-ce qui crée le conflit ?les données de départ et les demandes exprimées. Il s’agit de déterminer le problème, tel qu’il apparaît dans la partie visible de l’iceberg, et de lister les points sensibles de chacun. Les parties donnent leur version des faits, avec les raisonnements qu’elles ont construits. Les avocats exposent le point de vue juridique de la situation.

Pourquoi ? C’est la phase d’exploration, d’approfondissement.

Il convient de séparer les questions de personnes des questions de contenu. Pour éviter cette confusion, il peut être utile de traiter séparément, d’une part, ce qui relève des personnes et de leur relation (reproches, attaques…) et d’autre part, ce qui concerne les contenus

Les intérêts sous-jacents et les points communs, les motivations profondes de la mésentente. Il est souvent utile de repartir de la rencontre entre les interlocuteurs pour saisir le moment où tout a basculé. On peut aussi établir l’historique des relations depuis que les parties se connaissent. Le médiateur amène les parties à exprimer leurs ressentis, leurs émotions.

Le médiateur reformule, il recherche un langage positif, un langage non-violent, pour reformuler les expressions des personnes. Le questionnement se fait avec des questions ouvertes. Le médiateur fait émerger les besoins essentiels sous-jacents, et la nature du conflit (besoins, intérêts, valeurs) qu’il peut noter sur un tableau visible par tous.

Les faits, les besoins et les intérêts. Chacun fait sa sélection des faits, du coup, chacun aboutit à sa vérité. En médiation, les fais n’on t d’intérêt que par la manière dont ils sont vécus et interprétés. Quand une personne décrit un fait, il lui fait décrire aussi ce que cela lui a fait !!!!

Les intérêts résultent des besoins (B/I)

Les besoins sont en lien avec la survie, ils amènent à élaborer une stratégie pour ne pas se mettre en danger. L’intérêt traduit en action le besoin de la personne. Pyramide de Maslow

  1. Besoins physiologiques
  2. Besoins de sécurité
  3. Besoin d’appartenance et d’amour
  4. Besoin d’estime de soi
  5. Besoins de s’accomplir

La personne peut être motivée pour trouver un accord par cinq intérêts essentiels :

  • L’équité
  • L’économie financière du procès
  • La rapidité et l’efficacité
  • Le maintien des relations
  • La confidentialité

Confucius : je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions

Comment ?sur le tableau, le médiateur note les propositions de solutions pour satisfaire les B/I de chacune des parties. Il peut ajouter aussi d’autres idées qu’il aura eues. C’est seulement lorsque chacun a le sentiment d’avoir exploré toutes les options possibles que l’on va choisir celles qui pourraient convenir. Quand chacun a l’impression d’un équilibre acceptable. Ici, c’est créatif !!

Comment finalement ? Confucius « sans langage commun les affaires ne peuvent être conclues »

L’accord devra être durable et exécutoire

Le choix de la forme juridique à donner à l’accord : rédiger l’accord et choisir la forme qu’ils pensent la meilleure. La forme juridique à donner à l’accord : parfois c’est un simple constat d’accord et parfois, une transaction sera préférée.

Le médiateur ne signe pas l’accord car c’est l’œuvre des parties. Pour marquer sa présence, on peut indiquer « en présence de » ou simplement été présent et témoin de l’accord des parties.

Dans 30% des cas, la médiation est interrompue. Demander alors : « qu’allez-vous faire maintenant ? »

Techniques de communication appliquées à la médiation

La CNV

Les « tu », « vous », accusatoires « tuent » l’interlocuteur.

Commencer ses phrases par « tu », « tue ».

Il est important d’inviter les personnes à l’échange sur les besoins profonds de chacun.

La cnV part de l’observation d’un fait précis et concret, et de l’expression des sentiments : « qu’est-ce que le fait m’a fait ? »

Gary Chapman a identifié 5 moyens de communication employés pour exprimer son affection :

  1. Les paroles valorisantes
  2. Les moments de qualité
  3. Les cadeaux
  4. Les services rendus
  5. Les contacts physiques

L’écoute active (Carl Rogers)

Amener chaque partie à se mettre à la place de l’autre pour comprendre son point de vue.

L’écoute active est à la base de l’entretien de médiation. Ce n’est :

Ni une discussion où l’on adopte ou réfute les arguments de l’autre

Ni une simple conversation, où l’on échange des points de vue

Ni une enquête ou un interrogatoire, où les parties sont bombardées de questions et peuvent se sentir mal à l’aise

Le questionnement

Par le questionnement, on peut retrouver 3 niveaux d’informations complémentaires :

La mémoire des faits : le souvenir de ce qui a été vu, entendu

L’émotion, ce qui a été ressenti, éprouvé, comment les faits ont été vécus

L’opinion, ce qui a été pensé, réfléchi, l’avis sur ce qui s’est passé, le jugement de valeur que l’on en tire (juste/injuste, équitable/inéquitable, correct/incorrect, bien fondé/mal fondé, adapté/inadapté…

Le questionnement doit être exempt d’interprétation subjective.

Il faut chercher des faits précis « que voulez-vous dire exactement ? »

Les réactions à la parole de l’autre (Elias Porter psycho-sociologue et disciple de Rogers)

La reformulation

Chercher dans une attitude non directive, ce que les faits révélés signifient pour celui qui en fait état

Redire ce qui a été exprimé par une personne, en utilisant sa terminologie exacte

Le médiateur reformule en commençant les phrases par :

« si j’ai bien compris… à votre avis… vous voulez dire que… selon vous… vous pensez que… vous avez donc le sentiment que… »

La dernière interrogation « est-ce bien cela ? » est essentielle

Les reformulations :

  • La reformulation miroir, dite aussi reflet, écho, reprend les termes prononcés par l’interlocuteur
  • La reformulation synthèse, résumé
  • La reformulation positive : « il est injuste, menteur, c’est un voleur…. »

« vous voulez dire que vous attachez beaucoup d’importance à la notion de justice/vérité/paix/honnêteté… »

  • La reformulation du ressenti

Le médiateur peut aussi formuler ce qu’il perçoit de ce que la personne vit à l’intérieur d’elle-même. « Vous me semblez très touché, tendu…. 

  • La reformulation du sous-entendu

L’interprétation

« Il est plus facile de briser le noyau de l’atome qu’un préjugé » Albert Einstein

L’interprétation est notre système de guidage.

Entre l’émetteur et le récepteur, le message est brouillé par des interférences dues au passé, à l’histoire, à la culture, au milieu social, à l’éducation… de chacun. Il y a des distorsions.

Le médiateur doit également avoir une capacité de flexibilité et d’adaptation à chacune des parties.

  • L’adaptation au rythme de chacun

Il appartient au médiateur de leur expliquer l’importance qu’il y a de laisser du temps à la parole, de laisser à chacune des parties « le temps d’assimilation ».

  • L’adaptation au langage

Dans 70% des cas, on a un résultat, pour les 30% qui n’ont pas trouvé d’accord total, les personnes ont souvent trouvé un accord partiel, ou ont au moins pu s’expliquer.

L’accord trouvé est conforme à l’intérêt des parties. Un accord équilibré et équitable qui prenne en compte les intérêts et besoins de l’un et de l’autre.

En cas d’émotion forte, ne pas oublier l’autre partie

En cas d’attaques dirigées contre l’autre partie, faire employer le je au lieu du tu

Rappeler a règle : pas d’insultes

Les choses peuvent être juridiquement juste, mais moralement ?…

Si l’on tourne en rond : « pourquoi est-ce si important pour vous de rester sur cette position ? »

Le cadre de la médiation

Depuis 1980, les institutions européennes on beaucoup contribué à développer les modes amiables de règlement des conflits.

MARC : modes alternatifs de résolution des différends

ADR / alternative dispute resolution

En 2002 la commission européenne a présenté un livre vert sur les ADR en Europe.

Art. L 122-54 du code du travail sur le harcèlement moral, prévoit le recourt à la médiation.

« Sauve-toi, la vie t’appelle »

« Sauve-toi, la vie t’appelle »

Boris Cyrulnik

Cet ouvrage est diphonique. Le récit de Cyrulnik fait entendre le vibrato du petit Boris, 6 ans, enfant juif sous l’occupation allemande, et le baryton-basse du célèbre neuropsychiatre. Cet écrit est touchant, profond et engage aux réflexions. C.

« J’ai traversé la mort, elle est devenue une expérience de ma vie… » Jorge Semprùn (l’écriture ou la vie), mais à 6 ans, tout fait trace. La mort s’inscrit dans la mémoire et devient un nouvel organisateur du développement.

Dans une chimère, tout est vrai : le ventre est d’un taureau, les ailes d’un aigle et la tête d’un lion. Pourtant, un tel animal n’existe pas. Ou, plutôt, il n’existe que dans la représentation. Toutes les images mises en mémoire sont vraies. C’est la recomposition qui arrange les souvenirs pour en faire une histoire. Chaque événement inscrit dans la mémoire constitue un élément de la chimère de soi.

« Voilà ce qui m’est arrivé, je sais qui je suis puisque je sais ce dont je suis capable face à l’adversité. » les êtres humains sont passionnants parce que leur existence est folle.

En faisant converger ces sources différentes, je me suis fabriqué un souvenir cohérent.

Une mémoire traumatique ne permet pas la construction d’une représentation de soi sécurisante puisque en l’évoquant on fait revenir en conscience l’image du choc…dans la mémoire traumatique, une déchirure insensée fige l’image passée et brouille la pensée… sans événement, que pourrait-on mettre en mémoire ? Quand les enfants abandonnés font le récit de leur vie, leurs longs trous de mémoire correspondent aux périodes d’isolement….

Sans événement extérieur, rien à mettre dans son monde intérieur. Quand la mémoire est saine, la claire représentation de soi permet de planifier nos conduites à venir. Quand une catastrophe nous déchire, la routine ne parvient plus à résoudre ce problème imprévu, il faudra trouver une autre solution. Mais quand la déchirure nous anéantit parce qu’elle est trop intense ou pare que nous étions fragilisés par des blessures antérieures, nous demeurons sidérés, hébétés, en agonie psychique.

Il paraît indifférent émoussé, comme engourdi. Son âme, possédée par le malheur passé, ne lui permet plus de s’intéresser à ce qui vit autour de lui. Il paraît lointain, étrange, alors que son monde intime bouillonne.

Cette emprise de la mémoire traumatique provoque des réactions qui altèrent sa manière d’entrer en relation… il s’empêche de dire les mots qui réveilleraient la blessure. Pas facile de côtoyer ce blessé muet qui se met lui-même en situation d’étranger. Sa défense recroquevillée, en enkystant la souffrance, l’empêche de partager ses émotions. Prisonnier de son hyper mémoire, fasciné par une image horrible, le blessé n’est pas disponible pour les autres. Il a perdu la liberté de chercher à comprendre et à se faire comprendre. Isolé parmi les autres, il se sent seul, chassé de la condition humaine…

Ces difficultés épigénétiques accroissent la vulnérabilité de l’enfant. Désormais, un rien pourra le blesser.

Les deux facteurs de protection les plus précieux sont l’attachement sécure et la possibilité de verbaliser. Le fait d’être apte à se faire une représentation verbale de ce qui nous est arrivé, et de trouver quelqu’un à qui adresser ce récit, facilite la maîtrise émotionnelle. Le sentiment de sécurité empêche ainsi la mémoire visuelle de s’emparer du monde intime en y imposant des images d’horreur. Tous les traumatisés ont une claire mémoire d’images et une mauvaise mémoire des mots….

Lorsqu’on doit survivre dans des conditions adverses, les micro-traumas répétés chaque jour, en isolant et en empêchant la parole, finissent par faire acquérir une vulnérabilité à laquelle on avait échappé. Vivre dans des conditions adverses provoque des altérations neurobiologiques analogues à celles d’un trauma flagrant : réduction du volume hippocampique qui altère la mémoire et empêche de contrôler les émotions.

Dans la mémoire traumatique, un souvenir s’impose. La personne isolée a acquis une vulnérabilité neuro-émotionnelle. Si, de plus, elle maîtrise mal l’outil verbal ou si son milieu l’empêche de parler, toutes les conditions de la souffrance traumatique seront réunies  mémoire figée, le sujet prisonnier de son passé ne peut que ruminer et souffrir de réminiscences…

« Ce faux souvenir témoigne d’un vrai sentiment »

Le sentiment qu’on éprouve après un récit de soi dépend des réactions de l’autre : que va-t’il faire de ce que j’ai dit ? Va-t’il me tuer, me ridiculiser, m’aider ou m’admirer ? Celui qui se tait participe au récit de celui qui parle.

La première conséquence d’une désorganisation du milieu autour d’un enfant, c’est qu’il devient incapable d’ordonner sa propre représentation du temps.

Quand on mentalise, on se fait une représentation d’images et de mots, on fait revenir dans notre cinéma intérieur quelques scénarios mis en mémoire. Ces films intimes en nous racontant notre propre histoire participent à la construction de notre identité.

Le coping consiste à affronter l’épreuve, au moment où elle se présente. L’enfant défie le malheur avec sa petite personnalité déjà construite. Il combat ce qui est autour de lui avec ce qui est en lui.

La parole, cet outil de régulation affective.

Un simple éloignement de la personne sécurisante devient douloureux « lorsqu’il survient chez un enfant fragilisé par une séparation ancienne pendant l’enfance » (Gorwood P.) une perte symbolique suffit même à réveiller cette trace acquise précocement…

Ceux qui ont été isolés précocement, avant l’âge de la parole, ayant acquis une vulnérabilité émotionnelle, éprouvent ces inévitables contretemps comme une perte irrémédiable.

Ils ressentent la privation comme un néant où ce n’est plus la peine d’appeler…

A l’inverse, un enfant qui a acquis une vulnérabilité affective s’oriente vers tout adulte, même s’il ne sourit pas, même s’il le rejette. Il reste près de lui parce qu’il en a besoin, même si l’adulte le repousse. Un tel enfant se sent mieux, mais, ayant perdu son autonomie, il accepte de vivre avec quelqu’un qui ne s’intéresse pas à lui…

A l’adolescence, quand il faut devenir autonome, ils n’ont pas assez confiance en eux et préfèrent demeurer auprès de ceux qui les négligent ou les maltraitent, jusqu’au jour où ces contraintes répétées et ces frustrations quotidiennes finissent par provoquer une dépression.

Remanier la représentation de leur passé…

Il m’a fallu longtemps pour comprendre qu’avant de se risquer à parler, il fallait d’abord rendre les autres capables d’entendre.

Se taire, c’est se faire complice des tueurs, mais parler, c’est dénoncer son intimité, « se mettre à nu » comme on dit parfois. On peut « mourir de dire », nous explique Rachel Rosenblum : quand ne pas dire est un mensonge et dire est une souffrance…

Quand, dans un groupe, on partage un même récit, chacun est sécurisé par la présence de l’autre. Raconter la même histoire, croire aux mêmes représentations crée un sentiment de grande familiarité. C’est pourquoi les récits partagés, les mythes racontés, les prières récitées côte à côte sont d’excellents tranquillisants culturels.

Le trauma collectif solidarise les membres du groupe qui se rassemblent pour affronter l’agresseur, alors que le trauma individuel désolidarise en induisant des récits impossibles à partager.

La nuance vient avec l’âge. Moins l’on a de connaissances, plus on a de certitudes.

La maturité précoce n’est pas un signe de bon développement ; c’est plutôt une preuve de gravité anormale pour un enfant. Les adultes se trompent quand ils croient que l’enfant a mûri trop vite. Ce n’est pas de l’expérience, c’est une perte de vitalité. Sous le coup du trauma, les enfants s’éteignent et les adultes admirent leur « maturité ». Vous pensez bien qu’il s’agit d’un contresens. L’enfant accablé ne joue pas et cherche à donner une forme verbale à son abattement.

Le côtoiement constant de la mort m’avait donné un courage morbide : j’étais initié. J’avais vu la mort et j’en étais revenu. Impossible d’en parler, les normaux craignent les morts, ils ont peur des revenants.

De l’art du bonheur

De l’art du bonheur

Christophe André

Le bonheur n’est pas une chance mais une intelligence. Qui peut s’apprendre et se développer

« Le but, c’est d’être heureux. On n’y arrive que lentement. Il y faut une application quotidienne. Quand on l’est, il reste beaucoup à faire : consoler les autres » Jules Renard

L’eudémonisme origine grecque du mot, objet premier des philosophes voilà plus de 2000 ans.

Le but de leur discipline était d’aider les humains à s’approcher d’une vie plus heureuse. Les scientifiques, depuis quelques années, s’intéressent au bonheur avec passion, donnant à cette émotion l’appellation moins poétique de « bien-être subjectif ». À leurs yeux, celui-ci est paré de toutes les vertus : il augmenterait la longévité, améliorerait la santé, rendrait plus altruiste…

« Ne pas railler, ne pas pleurer, ne pas détester, mais comprendre »

Spinoza

La naissance du bonheur

Fort et fragile comme la vie

La nature procure une harmonie par connexion et par appartenance : simplement se sentir vivant au milieu de toutes les formes de la vie, et comprendre que c’est une chance. Goûter au bonheur élémentaire d’exister…

Le bonheur tout entier prend naissance dans de tels instants de grâce. S’arrêter, se taire. Regarder, écouter, respirer. Admirer. Accueillir les bonheurs naissants. Travailler doucement à les percevoir partout où ils se trouvent. Première et primordiale leçon…

Tout premier de ces bonheurs : celui d’être aimé et protégé. Comme une empreinte précoce du bonheur.

Il est toujours possible d’apprendre le bonheur, même s’il n’a pas été notre langue maternelle…

La capacité à bâtir ses bonheurs implique aussi une volonté.

Au-delà des empreintes précoces, la capacité du bonheur repose aussi sur le goût et le désir de se rendre heureux, et de faire des efforts pour cela.

La vie humaine est dure, parfois tragique, le temps qui passe est toujours une blessure dans les chairs. Sans le bonheur, sans cette aptitude à ne pas se noyer dans tout ce qu’il y a de sombre autour de soi, comment résister à la morosité et au désespoir ?

Le bonheur est ce qui rend la vie psychologiquement possible.

« Le bonheur n’est pas le but mais le moyen de la vie »

Il y aura, encore et toujours, un infini de bonheur à vivre…

« Les enfants n’ont ni passé, ni avenir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent »

La Bruyère

Les enfants vivent au présent. Leurs expériences de vie, même les plus anodines en apparence, construisent de manière souterraine et invisible un réservoir de bonheurs futurs, une malle aux trésors dans laquelle ils puiseront plus tard, et qui leur permettra de survivre aux épreuves, aux douleurs. L’enfance est aussi l’âge de l’apprentissage des bonheurs à venir. Car le bonheur s’apprend, et, comme tous les apprentissages, cela commence par l’imitation des modèles.

Le bonheur ne peut se concevoir que dans l’ouverture au vaste monde. Il n’est pas durable dans le repli, l’étriqué ou le renfermé. Le petit périmètre n’est jamais-ou rarement-un choix : il est en général dicté par la douleur ou la peur.

Cet élan n’est possible que s’il existe une base vers laquelle se retourner « l’attachement secure »

Nous avons besoin de certitudes, même limitées, pour tolérer l’incertitude de l’illimité. Être enraciné pour oser s’élancer : telles sont les conditions de notre bonheur.

Notre cœur tend vers le bonheur. A nous de trouver l’équilibre entre bonheurs d’expansion et bonheurs de recommencement, bonheurs d’action et bonheurs de méditation…

Une scène heureuse qui oublie de se regarder dans la glace et de penser à elle-même.

Le bonheur ne peut se situer au-dessus des moments de vie ordinaires, ou à  côté d’eux. Il doit se trouver dans la vie même.

« Le Paradis, c’est où je suis» Voltaire

Si le bonheur ressemble à l’or, nous le trouverons plus souvent sous forme de paillettes que de pépites… (Qui) permettent d’accéder à une profondeur du quotidien.

Il existe dans toute vie une profondeur imperceptible à un regard pressé.

Aiguiser son regard. Vivons et il viendra.

Le bonheur est bien une force qui peut changer le monde…

Article premier de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793 : « Le but de la société est le bonheur commun… »

« Tous les humains naissent égaux. Ils sont dotés par leur créateur de droits inaliénables. Parmi ceux-ci figurent la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. » Tout comme la France issue de la Révolution, l’Amérique naissante tenait le plus grand compte du droit non pas au bonheur, mais à la recherche du bonheur, puisqu’elle inscrivit ce dernier dans sa déclaration d’indépendance.

Le bonheur, il est vrai, ne se décrète pas, il ne peut relever que d’une démarche individuelle. Individuelle, mais pas égoïste, car être heureux ne laisse jamais quiconque immobile et replié sur soi, contrairement à la tristesse ou à la douleur.

Le désir de bonheur est en réalité un formidable moteur pour l’action.

L’angoisse peut être un déclic, aucune motivation n’agit mieux, sur la durée, que le bonheur, ou l’envie de bonheur.

Le bonheur, comme toutes les formes de bien-être subjectif, est une source inépuisable pour l’envie et le plaisir d’agir, l’altruisme, la créativité, l’ouverture et la curiosité face au monde…

« Aucune puissance n’est capable de me terrifier au point de me faire perdre ma foi dans la personne humaine. Parce que je crois en la grandeur de toute la nature. Je sais que la volonté et le comportement humains sont souvent l’aboutissement de forces cosmiques mises en mouvement par cette même nature par la progression de l’histoire et la marche du destin »

Marc Chagall

« S’il y a du bonheur dans la maison !… Mais, petit malheureux, elle en est pleine à faire sauter les portes et les fenêtres. »

Maurice Maeterlinck

Quelle est la matière du bonheur ? Et quelle attitude avoir envers elle ?

Un environnement relationnel et matériel minimal lui est nécessaire… alors, nous pouvons prétendre nous occuper de nous rendre plus heureux.

« Richesses et honneur ne me sont pas plus que le nuage qui passe » Confucius

Le bonheur n’est pas une chance mais une intelligence. Qui peut s’apprendre et se développer

« Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force »

Cesare Pavese

Amour : Eros, Philia, Agapé (le plus altruiste)

Nous devrions aussi nous montrer capables d’aimer pour connaître.

S’éloigner peu à peu de soi, et s’ouvrir, pour donner.

Partage et don sont les devoirs des gens heureux.

Le bonheur loin d’aiguiser l’égotisme, augmente les actes altruistes.

Le bonheur est un moteur pour changer le monde. Pas le discours sur le bonheur, mais l’action altruiste qu’il permet d’entreprendre.

Pas de petitesse, pas de rétraction dans le bonheur. Seulement l’expansion de nos consciences vers plus encore d’humanité…

Le déclin du bonheur, c’est encore du bonheur, mieux vaut lâcher prise et sourire 

A leur apogée, tous les moments heureux peuvent nous procurer de la tristesse. La claire conscience du bonheur contient en germe le sentiment de sa fin prochaine. Simplement, se joue dans cette dramaturgie intime une histoire de conscience.

Notre conscience est nécessaire à notre bonheur. C’est elle qui transforme le bien-être animal en ce sentiment si humain qu’est le bonheur. Mais cette même conscience, une fois mise en branle, nous ouvre aussi les yeux sur le caractère transitoire et éphémère de tout bonheur.

Nous sommes ainsi des intermittents du bonheur, condamnés à ne pouvoir le vivre que dans l’alternance d’apparitions puis de disparitions, de flux et de reflux.

Par nos douleurs intimes que nous croyons être celles du monde tout entier… on ne découvre et retrouve que soi dans la tristesse. Là où le bonheur nous ouvrait au monde, la tristesse nous en sépare.

« Tristesse n’est que maladie et doit être supportée comme maladie sans tant de raisonnements et de raisons » Alain

« Le néant ne se place au cœur de l’homme que lorsqu’il n’y a pas de cœur » Romain Gary

La tristesse est bonne servante et mauvaise maîtresse. Car si la réflexion sur l’adversité est utile, la rumination sur la noirceur du monde l’est moins.

« Le bonheur est la lus grande des conquêtes, celle que l’on fait contre le destin qui nous était imposé » Albert Camus

Se rappeler que l’absence de bonheur n’est pas le malheur 

« Il n’y a pas de soleil sans ombre, et il faut reconnaître la nuit » Albert Camus

« Je ne saurais donner de justification à cette confiance en l’avenir de l’homme qui m’habite. Il est possible qu’elle ne soit pas rationnelle. Mais le désespoir, lui, est irrationnel : il ne résout aucun problème, il en crée même de nouveaux et il est par nature une souffrance »

Primo Levi

« Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je-ne-sais-quoi d’éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations » Vincent Van Gogh, lettre à Théo

Les bonheurs possèdent la force de ce qui est vivant face à ce qui ne l’est pas. La force du brin d’herbe qui pousse à côté du bitume.

« Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d’autre » Paul Eluard

« Il est réellement de notre devoir de peindre les aspects riches et somptueux de la nature. Nous avons besoin de gaieté et de bonheur, d’espoir et d’amour… » ; « Dire quelque chose qui soit réconfortant, comme la musique est réconfortante… exprimer l’espoir par une étoile, l’ardeur de l’âme par la splendeur d’un coucher de soleil » Vincent Van Gogh

« Chercher le bonheur dans cette vie, c’est là le véritable esprit de rébellion »

Henrik Ibsen

C’est la lutte contre le malheur, et elle seule, qui peut nous apprendre et nous grandir. Pas le malheur en lui-même, qui ne fait que nous durcir 

Cet instant est un instant de bonheur

« Aime la vérité, mais pardonne à l’erreur » Voltaire

Tout ce que nous avons fait pleinement, vraiment, nous le regretterons moins. Nous savons aussi que nous regretterons moins nos actions que nos non-actions : sur le long terme, il y a presque toujours moins de regrets à avoir agi et échoué qu’à ne pas avoir tenté. Les raisons en sont multiples, mais il y a surtout ceci : agir peut procurer du bonheur, au moins dans l’instant.

« Il n’y a qu’un devoir, c’est d’être heureux » Diderot

« Celui-là vit éternellement qui vit dans le présent »

Ludwig Wittgenstein

« Connaître ce qui est, sans vouloir l’utiliser, le posséder ou le juger. Sommet de la vie spirituelle… Le moi se dissout dans la contemplation de son objet » André Comte-Sponville

« J’ai ouvert devant toi une porte que nul ne peut refermer »

Apocalypse de Saint Jean

J’assure à l’oral

Pour une prise de parole efficace

Brigitte Lancien-Despert

Patricia Samuel.

Etymologie :

Communiquer vient du terme bas latin « communicare ».

…au 10ème siècle, du latin chrétien « communier », on le traduit par « Mettre en commun ».

…au 14ème siècle : « être en relation avec »

…au 16ème siècle : « partager »

…au 17ème siècle : « transmettre »

Le mot « dialogue » vient du grec « dia » (entre) et « logos » (parole).

Paul Watzlawick « Si l’on admet que, dans une interaction, tout comportement a la valeur d’un message, c’est-à-dire qu’il set une communication, il suit qu’on ne peut pas ne pas communiquer qu’on le veuille ou non »

Exercice pour le cadre référentiel :

Emetteur donne un message : « un beau jeune homme entre dans une vieille auberge »

Chaque récepteur doit répondre à ces questions :

  • Quel âge donnez-vous au jeune homme ?
  • Où situez-vous l’auberge ?
  • Vous la voyez vieille comment ?
  • Comment imaginez-vous ce beau jeune homme ?
  • Comment le voyez-vous entrer ?

Adapter son discours à l’autre :

  1. Vous demandez un tournevis à votre enfant.
  2. Vous demandez un tournevis à votre voisin.

Conseil du coach :

  • Faire des phrases courtes, trois éléments d’information au maximum
  • Faire valider la compréhension à chaque idée.
  • Marquer des pauses pour la mémorisation

Le code oral : sa valeur sémantique est pluridirectionnelle car sa syntaxe et sa sémiotique s’adaptent à un environnement socio-culturel en temps réel, en évolution permanente.

Selon Saussure, le système de signes de la langue écrite est une représentation du système de son de la langue orale.

Conseil du coach :

Travailler à trouver la définition des mots, leurs synonymes, leurs antonymes, leurs modulateurs (les adjectifs et adverbes qui vont les modifier).

Niveau de conception de la pensée : Rationnel/Emotionnel

Deux dimensions du traitement de l’information :

Rationnelle : logique, scientifique, cognitif, opératoire

Emotionnelle : affectif, immédiat, intuitif, imaginatif, pragmatique

La conviction intérieure est contagieuse.

Travailler sa légitimité à intervenir.

La proxémie : est un élément du langage non-verbal qui prend du sens dans l’interactivité, dans l’échange avec l’autre ou es autres.

Le langage non verbal utilise le principe de synchronie.

Etre économe et simple : un geste, une idée.

Si nous oublions de garder le contact visuel avec le public, il décroche.

Exercice :

Les attitudes fixes : la détente/le vainqueur/le pédant/ le vaincu

Les attitudes en mouvement : marcher détendu/vainqueur/pédant/ vaincu/ coléreux/ triste/fatigué/timide/surpris/amoureux/ tendre/supérieur/indécis/jaloux/joyeux

Idriss Aberkane « Libérez votre cerveau ! »

Traité de neurosagesse pour changer l’école et la société.

Trois types de mémoires, qui se combinent :

Spatiale/ épisodique /procédurale

Mémoire à laquelle prennent part le cervelet et le cortex moteur.

Les empans : les limites

Comme l’écartement entre le pouce et l’auriculaire, ce qui délimite ce qu’on peut saisir.

En psychologie on appelle affordance la partie d’un objet physique qui est la plus naturellement prise par nos mains. Par ex : la poignée d’une casserole.

La vie notée est à la vraie vie, ce que le cheval de bois est au vrai cheval.

Bill Gates : J’ai échoué à mes examens. J’ai un ami, par contre, qui a réussi tous ses examens à Harward. Lui, il est ingénieur chez Microsoft. Moi, je suis fondateur de Microsoft ».

Moralité : l’échec est un diplôme, et il y a un univers entier, incluant l’entrepreneuriat, que la vie ferme à ceux qui n’ont pas ce diplôme-là.

Dicton : plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte.

Dans la vraie vie, le travail collectif, c’est sérieux ; à l’école, le travail collectif, ce n’est pas sérieux. Comment s’étonner qu’une humanité nourrie à ces principes soit incapable de coopérer mondialement, aussi bien pour préserver la Terre que pour se préserver elle-même ? p 38

La soif d’apprentissage.

Nassim Nicholas Taleb : « Le rôle de la bureaucratie, c’est de mettre un maximum de distance entre le preneur d’un risque et le receveur de ses conséquences »

La meilleure façon de progresser, c’est d’être au contact immédiat des conséquences de ses décisions, et c’est exactement le contraire de ce que fait un ministre. P 43

Casse tes clichés pour y faire entrer la réalité, ne casse pas la réalité pour la faire entrer dans tes clichés. P 46

Notre cerveau est comme un diamant que l’on peut tailler.

Le cerveau aime munir les choses de poignées.  C’est une des bases de la neuroergoomie.

L’Antiquité écrite a gardé des traces d’utilisation de poissons électriques, que l’on plaçait notamment sur le front des patients épileptiques. P57

L’encombrement cognitif. Le cerveau est saturable.

Que ce soit du point de vue e la mémorisation ou de la perception, notre cerveau souligne bien plus les signaux négatifs que les signaux positifs. Il met davantage en évidence la punition que la récompense par que, dans la nature, la punition est risque de mort tandis que la récompense est chance de repas. Les deux situations ne jouent pas de la même manière sur notre survie, comme en témoigne le dicton suivant : «  Pourquoi le lapin court il plus vite que le renard ? Parce que le renard court pour un dîner, et le lapin pour sa vie. »

Il faut adjoindre la sagesse à nos sciences, sous peine de perdre notre humanité. P 69

Notre tendance au doute n’est pas toujours en phase avec nos performances possibles. Nous avons en nous des performances « captives », aussi bien sur le plan cognitif que sur le plan physique, et nous pouvons les libérer à certaines conditions, par exemple sous adrénaline. …

Ce que nous savons est plus « grand » que ce que nous pensons savoir, et ce que nous savons faire est plus « grand » que ce que nous pensons savoir  faire. P 71

Le cerveau cache les imperfections de ses productions aussi bien à elles-mêmes qu’à leurs proies ou leurs prédateurs. Il existe, par exemple,  une imperfection intrinsèque à notre système optique. On l’appelle la tache de Mariotte, c’est le point aveugle de notre rétine, dépourvu de photorécepteurs, qui correspond à l’endroit où s’insère le tractus optique. Ce point aveugle n’apparaît pas dans notre champ visuel. P73

Henri Bergson : « l’œil ne voit que ce que l’esprit est préparé à comprendre. »

Nocicepteurs de la peau.

L’attention limitée.

La conscience semble être un véritable « espace de travail » capable d’afficher une seule chose à la fois. P74

Bouillonnement incessant du cerveau.

Quelle que soit la discipline (sport, danse…), ce que le maitre possède en plus, c’est la capacité à verbaliser ce qu’il fait. Les mouvements du corps et de l’esprit, dans leur immense majorité, ne sont pas naturellement accessibles à notre langage. P77

Toute œuvre, toute personne forme un objet trop vaste pour être chargé entièrement dans la conscience.

L’objet ental « Rome » : il est trop vaste pour notre conscience… Il  nous est impossible de penser tout Rome, alors nous en convoquons des tranches subjectives superficielles, des étiquettes, et c’est ce mécanisme qui est, entre autres, à l’origine des clichés… Il en va de même pour tous es objets courants de la vie mentale : « moi », « lui », « ma mère »…

Les clichés existent parce que le cerveau humain est, selon l’expression de Susan Fiske et Shelley Taylor, un cognitive miser (miséreux cognitif), qui cherche toujours à faire le moins d’opérations mentales possible.

Le cerveau aime les raccourcis, les pensées automatiques, et quand il doit choisir entre facilité et vérité, bien torp souvent, il choisit la facilité… le cerveau est un partisan du moindre effort. P 90 et 91

La  consommation effective du cerveau : 2% de notre masse mais 20% de notre consommation énergétique.

Stephen Smith , neuroscientifique  à Stanford : « Il y a au moins 125 000 milliards de synapses dans le seul cortex cérébral, c’est à peu près le nombre d’étoiles dans 1500 Voies lactées. »

Le corps est-il un état de l’esprit et l’esprit un état du corps ? p 82

La saturabilité n’a pas été sélectionnée accidentellement par l’évolution… Le cerveau humain semble étiqueter le monde réel avec ses émotions… Un enfant des pays riches ne pleurera pas pour les mêmes raisons qu’un enfant des pays pauvres. L’un, par ex, pleurera parce qu’il n’a pas reçu le cadeau qu’il voulait ; l’autre parce qu’un de ses amis a sauté sur une mine…  Notre cerveau se base sur les événements qui l’entourent pour définir un niveau de réaction.

La roue des émotions de Plutchik. P 92

Quant à la grandeur de conscience, il ne faut jamais oublier que d’elle seule dépend la grandeur de l’humanité. P 93

Prenons un immeuble qui abriterait des bureaux. A chaque étage, une entreprise.

Chaque humain représente un neurone, il échange avec son voisinage immédiat, qui peut l’inhiber ou le stimuler, mais aussi avec son voisin immédiat, qui peut l’inhiber ou le stimuler, mais aussi avec d’autres humains à l’autre bout du monde… Notre cerveau fonctionne sur le même principe architectural, sauf qu’en général, les neurones proches le sont pour travailler plus facilement ensemble. La création de services neuronaux, comme celle de services humains, fait intervenir des échanges locaux-les collègues de bureau – et des échanges lointains –les correspondants d’un e-mail. P97

Cortex cérébral : 52 zones sur chaque hémisphère. 180 nations, notre cerveau est un monde entier.

Cerveau et moelle épinière sont intrinsèquement des systèmes de mouvement, et la pensée, comme Henri Bergson l’avait spéculé, est aussi une forme de mouvement.

Tout ce qui vit possède une cognition.

L’art de présenter les savoirs d’une façon digeste et accessible, donc efficace.

Transférer de l’information, créer du savoir.

L’information et le savoir ne sont pas la même chose. L’information est ponctuelle, le savoir est reproductible.  P 109

Tout ce qui est matériel est fini, mais le savoir potentiel est infini, étant immatériel. On ne peut avoir de croissance infinie dans le monde matériel, qui est fini ; dans le monde immatériel, si.

Le cartographe Serge Soudoplatoff, qui l’a formulée chez IBM en 1984 : « Quand on partage un bien matériel, on le divise, quand on partage un bien immatériel on le multiple. »

Un sac de riz et un autre sac de riz ensemble, cela fait deux sacs de riz, c’est linéaire. Mais l’on met deux savoirs ensemble, cela crée un troisième savoir, règle connue dès l’Antiquité, et à l’origine des grandes bibliothèques…

Savoir = attention + temps

     φ α At

p 112

Capturer les At

Si vous voulez maximiser votre débit de connaissance sur un sujet donné, faites en sorte de l’aimer, car seule cette condition vous garantira une haute dépense d’attention et de temps…. il n’y a pas d’excellence sans amour.

Imaginez …Vous êtes dans un hôtel de grand luxe, devant un buffet à volonté. Le buffet de votre vie : viandes grillées, menu végétarien, salad bar, caviar, huîtres et crustacés, sushis, pastrami, fromages savamment affinés, fruits frais, massage de pieds… tout ce qu’il faut. Il y a des plats que vous n’avez jamais vus mais ils ont l’air appétissants, d’autres ont l’air étranges mais après tout, avec un bon maître d’hôtel, vous seriez prêt à les découvrir. Pour couronner le tout, vous aves faim, très faim. Beaucoup de gens appelleraient cela : « le paradis ».

Maintenant, imaginez que le maître d’hôtel surgisse en hurlant : « Tu dois absolument tout manger ! Chaque assiette que tu laisseras sera portée sur l’addition, tu payeras non pas ce que tu as mangé mais ce que tu n’as pas mangé, et s’il reste trop d’assiettes pleines, non seulement l’addition sera mirobolante, mais en plus tu seras viré de l’hôtel, humilié, on fera une haie d’honneur pour se moquer de toi ! » Puis le maître d’hôtel sort sa montre et ajout, fatidique : « Tu as une heure ! » Quelqu’un l’a fait avant toi, donc on sait que c’est possible. » Là, vous n’êtes plus au paradis, mais en enfer….

Votre perception de la nourriture en aurait été bouleversée à jamais et des années entières de thérapie ne vous auraient probablement pas permis de vous en remettre.

Pourtant, je peux vous garantir que ce cauchemar, nous l’avons tous déjà vécu et pas seulement sur une journée, mais sur des milliers de jours. Cette situation se nomme l’éducation.

L’école que nous appelons « traditionnelle » n’a rien de traditionnel, elle est industrielle, c’est tout. Socrate, Platon, Confucius, Vinci ou Victorin de Feltre n’enseignaient pas comme nous le faisons, mais notre mémoire intergénérationnelle étant très courte –sic générations au grand maximum-, nous croyons que l’école des tables en rang et du tableau noir est la plus traditionnelle qui soit.

Or, elle n’a pas plus de dix générations, sur une humanité qui en a couvert plus de huit mille et qui ne l’a pas attendue pour faire circuler les savoirs.

Issue de la révolution industrielle, notre éducation est centrée sur la pensée de l’usine, et sa vertu cardinale est la conformité. Pas la créativité, pas le caractère, pas l’amour des savoirs, pas l’épanouissement. Non, la conformité avant toute chose. P119 et 120

Jouer est la façon naturelle d’apprendre.

Gunter Pauli dans sa Blue Economy « ce n’est pas à la nature de produire comme nos usines, mais à nos usine de produire comme la nature »

Elaborer une gastronomie de la connaissance.

Trois expériences :

L’impuissance apprise :

Elle sera d’autant plus renforcée que nos pairs seront blasés d’ailleurs : la pression des pairs peut être constructive (si j’ai pu, pourquoi pas toi), ou destructive (si je n’ai pas pu, pourquoi pourrais-tu, toi ?).

Notre cerveau fait peser nos échecs passés sur nos tentatives futures.

La pire peur d’un enfant, c’est d’être abandonné. La pire peur d’un adolescent, puis d’un adulte, c’est d’être exclu de son groupe, car le groupe (on le voit notamment dans les prisons), c’est la survie. Ce phénomène est un héritage de notre évolution.

Qui aimerait dire avant de mourir : « J’ai vécu conforme ! » ? p 140

Pour autant l’humain préfère la conformité à la vérité.

Aly N’Daw maître soufi : «la thérapie de la libération » 

Transformer une plaie en force, c’est changer le plomb en or. 

Si le corps est l’écrin de l’âme, la ville est l’écrin du corps.

L’architecte Kate Orff dépollution du canal de NY par les huîtres.

Cortisol : stress

En Grèce, les hauts lieux de l’innovation architecturale furent des lieux de « rêve pragmatique » connectant la terre et l’espace.

La frustration peut être stockée. Elle peut même être manipulée, amplifiée et canalisée pour créer des émeutes ou des révolutions.

On peut utiliser la frustration collective à des fins géopolitiques. La frustration est un excellent moyen de recruter la violence. Eros et Thanatos sont les deux plus puissants leviers de la communication.

La peur consomme beaucoup d’attention.

L’adaptation nous rend indifférents aux choses fréquentes, de sorte qu’elles ne sont plus saillantes à nos sens et à notre conscience.

Pour notre cerveau, l’inattendu est saillant. En communication, c’est une règle d’or, il faut se méfier du déjà-vu.

Patrick Le Lay, patron de TF1, déclara que son entreprise vendait à des marques du temps de cerveau humain disponible.

Comme disaient les soufis : « L’appât est apparent, c’est le piège qui est caché. »

Nous avons tendance à nous souvenir d’abord de ce qui renforce nos croyances. Notre cerveau va donc naturellement peupler sa vie mentale de choses qui nous confortent plutôt qu’elles ne nous déstabilisent. Le « fait », dans notre esprit, c’est déjà de la réalité déformée.

Je crains un homme mis à la forme d’un outil, d’une fonction.

L’appellation nootrope désigne les substances utilisées dans le but d’améliorer les performances cognitives (notamment l’attention).

Graphème-noème (lettre associée à une idée.

Phonèmes : son

L’existence d’une physiologie de l’écriture est acquise.

Mon axiome de départ demeure que l’humain est plus grand que toutes ses créations, qu’elles soient hôpitaux, grandes écoles, armées ou Etats, et qu’il n’a jamais à se soumettre à elles, car il est plus noble qu’elles. Jamais une université ou un Etat n’a créé un humain. Mais un humain, lui, peut créer un Etat ou une université. P205

L’Humanité tisse la toile où elle se prend – Hakim Sanä’i

Les conflits sont les virus de l’humanité.p209

Quand le mélange fortuit de connaissances différentes produit une découverte – forcément inattendue – nous appelons cela de la sérendipité. Elle est une conséquence de l’interdisciplinarité. Comme l’a dit un chercheur (Bell, S.), « les collections sont pour la collision »

Le savant sait résoudre des problèmes que le sage n’aurait jamais eus. Dicton

Charlie Chaplin dans le Dictateur :

« Notre connaissance nous a rendu cyniques ; notre intelligence, durs et méchants. Nous pensons trop et ressentons trop peu. Plus que de machinerie, nous avons besoin d’humanité. Plus que d’intelligence, nous avons besoin de bonté et de douceur. »

Aristote plaçait la sagesse dans l’observation de la nature.

L’économiste et entrepreneur Gunter Pauli : « Tout ce qui est bon pour vous et bon pour la nature est cher, tout ce qui est mauvais pour vous et mauvais pour la nature est bon marché : qui a conçu ce système ? »

Elon Musk « J’aimerais bien mourir sur Mars… mais pas à l’impact. »

APA American Psychological association dont quelques membres reconnus ont participé aux programmes de torture de la CIA. P239

Comme le dit le cartographe Serge Soudoplatoff : « Toute innovation est une désobéissance ».

Rümi : si vous établissez des pièges pour y faire tomber l’humanité, vous finirez par y tomber vous-même.

Le maître soufi Abu Abd Al Rahman El-Sulami a écrit Les maladies de l’âme et leurs remèdes.*

Il existe un folklore ancien que le soufi Omar Ali Shah fait au moins remonter au poète perse Attar, et qui cerne bien l’enjeu des neurosciences modernes : «  Nous venons au monde avec la connaissance intime de tous les secrets du cerveau, mais à la naissance, un ange vient poser son index sur notre bouche pour nous faire oublier ces secrets, et c’est ainsi que nous avons tous une fossette sur la lèvre supérieure, empreinte du doigt de l’ange. »

Douche mentale, nettoyage.

Désinstaller un logiciel mental malveillant.

L’adolescence est justement l’âge où l’on découvre notre pouvoir de désinstaller des applications parentales, de penser par nous-mêmes, d’être le maître de notre vie mentale.

Certains pourriciels  mentaux sont conscients et d’autres inconscients. C’est pourquoi on les désinstalle parfois sous hypnose, ne pratique qui consiste à « acquérir les droits d’administrateur » sur la vie mentale.

Passez de l’impuissance apprise à la puissance apprise.

Un des pourriciels les plus fourbes, les plus destructeurs et les plus répandus dans l’humanité est l’impuissance apprise. « Je ne peux pas. » « Je ne le mérite pas. » « Je n’en suis pas capable. »

La première fois que vous essaierez d’en briser une, parce qu’elle fait partie de votre ego, elle résistera de toutes ses forces pour justifier son existence. Elle vous rappellera chaque échec, elle insistera : « Je te l’avais bien dit que tu ne le pouvais pas » et « ce n’était pas la peine d’essayer ». Persévérez, n’abandonnez pas, vous êtes beaucoup plus puissant que votre éducation vous le fait croire.

La passion du nouveau, appelée aussi « néophilie ».

Cette passion ne peut se pratiquer que dans ce que les Américains appellent la « Can-do attitude », ou comment se dire sincèrement : « Je peux le faire. » Cette capacité découle directement de la puissance apprise. P274

Se ménager un maximum de liberté de mouvement.

Ignorez vos pairs !

Les pairs nous mettent à leur niveau, mental, intellectuel, spirituel … Cela peut être positif. Cependant, tant que vous penserez en fonction des autres, vous ne serez pas libre. Si l’intelligence c’est la liberté, alors l’intelligence repose sur la capacité à penser par soi-même, sans s’inquiéter de ce que pense autrui. Tel est l’état du véritable adulte, par opposition à l’enfant, qui s’inquiète systématiquement de ce que pensent les autres.

Il suffit d’un geste

François Roustang

Chez Odile Jacob

Karasu cite cette phrase d’Epictète : « Pour faire de quelque chose une habitude, fates-la ; pour ne pas en faire une habitude, ne la faites pas ; pour vous défaire d’une habitude, faites-en une autre à la place. » En d’autres termes, si vous voulez acquérir un certain comportement, faites-en l’exercice ; si vous voulez vous débarrasser d’un comportement, exercez-vous à en mettre un autre en pratique.

Elles ne sont efficaces, elles n’atteignent leur but que dans la mesure où elles sont un geste.

Il faut changer parce que le comportement n’est plus adapté aux contexte où il se répète.

L’agent de la modification est donc le complexe relationnel dans lequel est déployé le comportement défectueux.

C’est le porteur du comportement inadéquat qui est seul à pouvoir en changer e, s’il en prend la décision, il sera seul à le faire.

Le changement est un changement de comportement, c’est-à-dire de modification du système relationnel, et ce système relationnel ne peut être transformé que par la personne qui s’y trouve insérée à une place singulière.

Mais comment et à partir de quoi le thérapeute est-il susceptible de prendre cette place singulière, celle d’interprète des revendications du milieu qui cerne le patient et dont il est une partie ? Certainement pas en s’engageant sur le chemin de la pitié ou de la sympathie pour prendre une part des misères que le comportement d’autrefois et d’aujourd’hui encore a provoquées. Le thérapeute en est l’ennemi, il est proche à l’inverse de celui qui n’est pas tout à fait là, mais qui venu pour l’être. Il est l’exigence de la modification.

Comment est-il possible de croire qu’il suffise de se laisser faire pour que se forme la bonne posture et, ce qui est plus invraisemblable encore, pour que cette posture s’identifie avec le changement souhaité, c’est-à-dire pour qu’elle soit la modification du complexe relationnel.

La crise d’asthme interdit de marcher ou de courir, la phobie engendre la peur des déplacements ou des rencontres, le psoriasis inhibe les contacts du corps, etc. ce sont toujours des mouvements qui sont entravés et des relations qui son rendues difficiles ou impossibles.

Le vivant n’est jamais stable et non plus son environnement.

Le thérapeute doit être e plus léger possible pour que rien n’entrave sa motilité. Léger quant au savoir et à la compétence. Tout appui qu’il prendrait sur une théorie, toute référence à la spécificité de sa méthode, toute certitude fruit de sa longue expérience, alourdiraient sa démarche. Le dépouillement exigé de lui est sans limites. S’il veut poursuivre sa tâche, il se doit de ressentir chaque jour davantage la nudité de sa solitude. Il est là seulement prêt à se mouvoir à partir de rien, à partir de l’autre.

Le poids et le sérieux de sa responsabilité et de son pouvoir. Tout son acquis, il ne le possède plus, il en est seulement imprégné dans l’oubli. C’est dire que la spécificité de la psychothérapie qu’il prône dans les congrès doit lors d’une séance se dissoudre.

Pour l’animal l’adaptation se fait spontanément, même si elle est le fruit de réussites et d’échecs. Il est toujours un être vivant qui s’ignore.  S’il s’invente selon ses besoins internes ou externes, il le fait sans réflexion : c’est la vie, sa forme de vie qui se charge pour lui de faire ce qui convient ou d’éviter ce qui ne convient pas. L’être humain, qui est bien un être vivant, se distingue radicalement des autres vivants par la possibilité de se tenir à l’écart de ses actes, de ses comportements. Il n’est pas dans un accord immédiat avec lui-même et avec ce qui l’entoure. Il peut s’en tenir à distance, il peut s’accorder des délais pour y répondre, il peut couper sers liens avec le dehors, il peut refuser ce qui s’impose à lui. Rupture qui le met à part, qui fait sa grandeur et sa prétention ; il les a chantées sur tous les airs. Mais il doit payer ces avantages au prix fort, car l’adaptation au milieu, donc aux circonstances et aux personnes, est pour lui un conquête incessante, pas une donnée. Pour la réaliser, il va devoir abandonner ce qui li distingue des autres vivants, éteindre la conscience de sa conscience et faire se taire la parole. Toutes les maladies, en tant qu’elles sont maladies humaines, naissent de cet écart et de ce délai auxquels il a le droit de tenir plus qu’à tout, mais dont il lui faut mesurer les conséquences. Qu’il soit un être vivant, il passe beaucoup de temps à tenter de l’ignorer parce que sans doute cela le mettrait en contact avec la vie et qu’elle le porterait à des transformations incessantes.

Aveuglement rigoureux de soi au profit de la chose – ductile-

La représentation est déjà action. Penser quelque chose, c’est tout simplement le faire. Penser prononcer B, c’est déjà ouvrir la bouche pour le prononcer effectivement.

Je ne savais pas qu’il suffisait de mettre un terme aux questions vaines et insolubles de ne plus me tenir en dehors du flux de la vie, mais d’y entrer, de perdre le souci de mon regard et du regard des autres sur moi pour que l’unité se fasse et que le grand nombre des choses et des êtres se rapprochent et se relient.

L’enfant est soumis à un jeu de présence et d’absence, d’apparition et de disparition successives. Le raisonnement simplifié est le suivant : s’il reste attentif, s’il attend sans anxiété la réapparition de l’objet quand elle est prévisible, c’est qu’il en suppose la permanence et qu’il connaît les lois physiques qui commandent la perception. Ce dont les animaux ne sont pas capables. Pour eux, ce qui est absent pour leurs sens n’est plus.

Il y a lien social parce qu’il y a sentir ensemble, parce que sentir c’est penser des relations différentielles en les accomplissant. Le lien social, comme cela se verra par la suite avec plus de clarté, naît du pouvoir de faire semblant, de découpler la réalité, de jouer avec les choses, de partager le plaisir de chanter et de danser, finalement de sentir ensemble et rien d’autre.

Ce lien est imposé par les variations du soleil sur l’horizon, par la succession des travaux champêtres, par la nécessité des accouplements. La source ou l’origine du lien social est à situer dans le sentir en commun.

Pour Aristote, sentir et penser ne sont pas deux entités séparées mais une seule et même chose. Le sentir chez l’être humain est déjà le penser parce que le sentir, comme on l’a déjà vu pour le petit enfant, implique la discrimination, la saisie des différences. Le penser est inclus dans le sentir, mais c’est le sentir qui est premier. L’être humain ne sent pas parce qu’il pense, mais bien au contraire il pense parce que son sentir est déjà pensée et intelligence.

Sa vie lui apparaît sans importance, qu’elle est légère du peu de cas qu’il en fait, car, dans la totalité du monde des vivants, il sait qu’elle est l’avatar d’une multiplicité de fortunes.

Sa disparition ne serait d’aucun dommage. La vie le traverse, mais elle pourrait tout aussi bien se poursuivre sans lui et elle se poursuivra ainsi. Il est l’effet d’un hasard, un autre hasard viendra la défaire.

Si de cela il fait l’expérience, il sera une pierre dans les fondations de l’art poétique, ou bien, pour sa part, il sera le vide et le jeu qui sont au cœur de tous les liens.

La plus banale existence humaine, pourvu qu’elle soit réduite à une banalité qui prenne tout en compte.

Comme le dit encore Bram Van Velde : «La vie fait peur ».

L’artiste est celui qui est sans vouloir. « N’être rien, simplement rien. C’est une expérience qui fait peur. Il faut tout lâcher.

Il ne s’agit pas, en effet, de la vie avec un grand V. Il n’est pas question de faire d’elle une entité et de l’adorer ou de la supplier. Elle n’a rien à m’octroyer, je ne suis pour elle qu’un chien qu’elle laissera crever dans les bois ou sur la route. Elle n’est pas autre, elle n’est pas au-delà, elle est ici dans les toutes petites choses, car il n’y a pour l’être humain que le goût fabuleux des insignifiances. Mais il suffit d’habiter ce dérisoire avec vigueur et détermination pour, à l’instant même, se sentir à nouveau dans la jeunesse de ce qui n’a pas encore eu lieu. Sans cesse et avec fermeté, l’émerveillement tient la main à la catastrophe.

Il n’y a pas d’irrationnel, il n’y a que de l’absurde, du contradictoire, de l’insolite, qui finissent par s’arranger ensemble.

L’homme n’est plus la clef de voûte de l’univers. Il peut se consoler de se savoir lieu de passage d’une entreprise qui ne dit ni d’où elle vient ni où elle va.

Coaching d’équipe

COACHING D’EQUIPE

Outils et pratiques

Michel Giffard et Michel Moral

Une bible, ils citent toutes les références, les concepts, les dates…

Je m’ennuie à mourir avec ce type d’écrit !!

Il en faut pour tout le monde, et dans ce style, c’est bien fait.

 

« Un groupe de passagers dans un bus n’est pas une équipe.

Elle peut le devenir si le bus tombe en panne. » Jean-Paul Sartre Continuer la lecture